Les réseaux d'écoles
1- quelques
exemples -
le Tarn : un cas à part
?
2- projet de mise en réseau, secteur de Valmont
(76)
3- quelques réflexions
4- Les textes officiels sur les R.R.E.
|
Voir aussi - Les EPEP |
1- Quelques exemples de
réseaux :
On parle souvent de réseaux. Voici quelques exemples de
réseaux qui existent ou
existaient, réseaux de ressources, de rencontres,
d’échanges, qui montrent la diversité des situations.
Haut-Doubs
Origine : des instits en 1994.
Quatre petites écoles à une ou deux classes reliées depuis
1994 par télécopieurs et télématique et utilisant les
ressources du collège du Russey (le CDI, la technologie, le
matériel informatique) ; le conseil général finançant les
transports.
Ecole Publique 25210 PLAIMBOIS DU MIROIR.
Le Porzay
Origine : l 'IEN et des instits en 1998.
Cinq écoles autour de Plomodiern pour mettre en commun des
moyens (rotation des équipements), organiser des rencontres
sportives ou culturelles entre les classes, élaborer un journal
commun. Deux emplois jeunes et une dotation informatique aident
au démarrage du réseau. Le conseiller pédagogique de la
circonscription assure la liaison. Un compte commun a été
ouvert à l'OCCE.
Ecole Publique 29550 PLOMODIERN
Vienne Gartempe
Origine : deux instits de classe unique en 1976 à partir
d'échanges de journaux scolaires.
Aujourd'hui huit écoles, des élus, des parents, des
associations. La communication entre les élèves est l'objet
principal de ce réseau. Les classes disposent d'un équipement
technologique très performant qu'elles mettent au service de
leurs projets.
Ecole Publique 86260 MOUSSAC
Amice (Association pour la Mise en
Communication des Ecoles)
Origine : des instits.
Créée pour favoriser les échanges entre écoles notamment
par le moyen des nouvelles technologies de communication. Amice
est aussi un lieu d'échanges pédagogiques et un support de
projets.
Ecole Publique 38690 LONGECHENAL
La Campagnole
Origine : des instits et un conseiller pédagogique
en 1994.
Une vingtaine de classes rurales de l'ouest des Yvelines
réunies dans une association affiliée à la Fédération des
Oeuvres Laïques pour un réseau de ressources, de rencontres
sportives et d'actions pédagogiques.
L'association a une vie interne très riche avec parents et
élus. Un instit dispose d'un quart de décharge.
Mairie de Marcq 78770 MARCQ
Réseau buissonnier
Origine: 1995 par le Parc du Vercors.
150 classes du Plateau du Vercors mises en réseau autour
d'un serveur local. Un quart de temps est dégagé pour un
coordonnateur pour 50 classes.
On lui reproche sa taille, peu propice à la prise en charge du
projet par les instits eux-mêmes et d'une démarche plus
technicienne que pédagogique.
Pays du roi Morvan
Origine : 1993.
25 écoles, 3 collèges, ce réseau fonctionne en partenariat
avec des collectivités locales... Il a engagé beaucoup
d'actions : création d'un centre de ressources, connexions des
écoles, actions culturelles.
La FNER a déjà parlé de ce réseau à la suite de la décision
incompréhensible de suppression du poste de l'enseignant qui
coordonnait les actions. Une association (Acteurs Ecole Rurale
Publique) s'est créée à la suite de cette décision.
ACERP - c/o Anne Lucas -56630 LANGONNET
Hautes-Alpes : un
réseau à l'essai (extraits de la presse
syndicale).
Deux postes d'animateurs de réseau rural d'éducation ont été
crées à cette rentrée. Une initiative de l'IA pour
"lutter contre l'isolement des écoles" qui s'inscrit
dans le cadre de la circulaire de 98 "réseaux ruraux
d'éducation". Sur ces postes ont été nommés, à titre
provisoire, des enseignants avec une bonne connaissance du tissu
local. Un bilan sera effectué en fin d'année auquel les
délégués du personnel ont demandé à être associés.
"Pour le moment, je rencontre les 17 écoles et les 40
classes des deux vallées concernées par mon réseau",
déclare Jean-Yves Garnier nouvel animateur R.R.E. L'accueil est
très favorable. On essaie de trouver des solutions pour que
collègues et élèves communiquent, se rencontrent. La première
chose est de brancher tout le monde sur internet. On va aussi
mutualiser le matériel (appareil photo numérique, équipement
sportif..) et mettre en place des décloisonnements. "Par
exemple, en rassemblant quelques écoles, je prendrai un groupe
d'une douzaine d'enfants en technologie et les collègues
mèneront d'autres activités. Ce sera à la fois une occasion
d'échanger et de bénéficier d'un maître supplémentaire... On
essaie et puis on verra..." À suivre.
2- Réseau du secteur de
Valmont (76)
Origine : 2000.
Projet de RRE pour les 25 classes du secteur du collège de
Valmont, en Seine-Maritime. Ci-dessous le projet de convention
|
CONTRAT DE MISE EN RESEAU PREAMBULE Afin de donner à tous les enfants du secteur du collège de
Valmont l'école de qualité à laquelle ils ont droit,
l'Education Nationale a engagé depuis 1993 une politique
volontariste faisant appel au partenariat des collectivités
territoriales concernées.
A...................………..., le ……………….. Les Maires, |
**********
3- Réflexions, débats sur les réseaux...
46- JP, le 13/02/00 (à propos des
textes officiels sur les RRE)
*Première inquiétude sur l'intro : ..."pour ce qui
concerne les zones rurales... leurs indispensables adaptations et
réorganisations doivent s'inscrire dans un cadre global,
intercommunal et pluriannuel, tenant compte des évolutions
démographiques, économiques et sociales"... Ce genre de
verbiage ne mange pas de pain, il peut se lire de différentes
façons, mais en général, les gestionnaires l'interprètent à
leur sauce : "adaptation, réorganisation,
intercommunal" sont souvent traduits sur le terrain par
"fermeture, regroupement et économie". On pourrait
réclamer une note plus volontariste, des éléments de projet
politique plutôt qu'une simple évocation de l'adaptation
nécessaire... (adaptation à quoi d'ailleurs?).
*OK sur le moratoire pas satisfaisant, même s'il a mis un frein
à la logique gestionnaire.
*Bonne note à la prise en compte de la réussite des petites
écoles; c'est un discours nouveau du ministère, depuis deux ans
environ.
*La définition du réseau se précise dans le texte... mais
reste encore ambigü. Beaucoup d'Inspecteurs d'Académie
traduisent réseau par RPI, ce qui est une possibilité
effectivement, mais qui n'est pas forcément la seule. Plusieurs
réseaux d'écoles rurales existent depuis des années (Vercors,
Vienne, Morbihan...) en maintenant les petites structures
communales, y compris des classes uniques. Le RPI n'est pas
obligatoire.
*Le texte semble proposer la mise en place de réseaux autour
d'un collège. C'est donc une précision importante par rapport
au texte de janvier 98, mais qui m'inquiète beaucoup : -dans la
démarche d'abord; je pense que l'on ne peut pas décréter un
réseau. C'est aux écoles, aux élus, aux associations d'être
initiateurs. Il faut que l'Etat propose un cadre très général,
qui permettrait aux gens qui ont ENVIE de monter un projet à
leur mesure. Par exemple, ici, [4 écoles correspondant à 4 communes]
monteraient leur projet, pas forcément dans la coquille décidé
par l'Inspecteur d'Académie. Il y a une question d'ENVIE, et de
prise en charge par les gens. Sans quoi, on retomberait dans ce
qu'on connaît souvent à l'Education Nationale... une structure
vide, hiérarchisée, sans contenu, et subie par les acteurs du
terrain. -de toute façon le bassin de collège me paraît trop
grand pour une réelle vie de réseau. C'est un cadre trop
contraignant... Il y a ici le bilan à faire de réseau comme
celui du Vercors, réseau imposé aux instits et aux élus par
décision d'en haut, réseau trop grand (50 écoles) et qui s'est
rapidement ossifié... L'expérience que j'ai dans les Yvelines
est la réussite d'un réseau d'écoles rurales de 13 classes
(dont 3 classes uniques) décidé et gérés par les instits,
avec l'aide de quelques élus (pas tous) et de l'administration
(un quart de décharge à un animateur de réseau choisi par
l'association).
*Le principal de collège et l'IEN, comme pilotes de réseau...
Nous sommes encore dans une logique buraucratique dont
décidément l'administration n'est pas capable de se défaire
(ou alors on précise le terme de pilotes)... Il faut faire
confiance aux gens et leur laisser une liberté de gestion de
l'outil, faute de quoi on tourne à vide et c'est l'échec.
Voilà pour une première approche.
En conclusion :
*des éléments positifs, une approche alternative aux
fermetures systématiques telles qu'elles se pratiquent (au fait,
les IA qui suppriment à tout va lisent-ils ce genre
d'orientation?).
*la confirmation de l'idée de contrat pour trois ans avec les
partenaires locaux, là c'est très positif.
*une raideur bureaucratique : il faut laisser la POSSIBILITE du
réseau, sans obligation et en aidant les gens de terrain à
prendre en charge leur projet.
***
42- RH, le 18/03/00
On nous cause de mise en réseau des écoles de notre canton :
mais ce concept est très flou dans tous les esprits aussi bien
du côté des élus que des instits ou de l'IA : chacun n'y met
pas le même sens ! Il y a une grande confusion avec les RPI .
Autre chose , le document pour la mise en place des réseaux
d'écoles proposé par l'IA n'en est qu'au stade d'un projet de
propositions et voilà que soudain l'IA organise le 8 Mars une
réunion avec tous les maires de notre canton pour leur
présenter le réseau d'écoles , sans inviter les enseignants du
canton (Nous avons beaucoup apprécié ! ) .
Deuxième acte : nous ne savons même pas ce qu'il s'est dit lors
de cette réunion et nous ne l'avons appris que par des rumeurs
qu'il y aurait des transferts d'enfants entre deux écoles ,
qu'une collègue récupérerait les enfants d'âge primaire de
tel village (elle était d'ailleurs très surprise !) , qu'une
autre n'aurait que des maternelles , que les problèmes de
transports étaient déjà réglés par le conseil général
etc.. (Les élus n'ont retenu que cela éviterait des fermetures
de classes pendant 3 ans ) .
Troisième acte : le conseiller général du canton provoque une
réunion Mardi 21 Mars entre tous les élus du canton pour avoir
leur avis sur la mise en réseau(Toujours sans que les
enseignants et les représentants des parents du canton y soient
invités!): vont-ils signer un document ?S'engagent-ils déjà
dans une logique de réseau ?Est-ce que l'IA tente le forcing et
met la pression sur les élus ? Voilà où nous en sommes , nous
avons la sérieuse impression que cela va se mettre en place sans
la consultation des enseignants ou des parents , pourtant ,
d'après ce que j'avais pu comprendre c'était avant tout une
démarche concertée . J'ai la désagréable impression que des
choses vont se signer dans l'urgence afin d'éviter des
fermetures ! J'aimerai avoir votre avis .Est-ce que cela est une
démarche courante ?Que doit-on exiger ? Est-ce que les
enseignants participent à l'élaboration du projet de mise en
réseau ? N'avez-vous pas l'impression à la lecture de ce que
j'ai écrit que ce truc nous est parachuté par notre I.A ?
Autrement au niveau de La Loire , les classes uniques de l'an
passé vont être de nouveau sur la sellette et certaines
risquent de disparaitre (sauf la mienne !Étrange , pourtant j'ai
le même nombre d'enfants que l'an passé !) Voilà , je trouve
la situation actuelle complètement irréelle , il y a une foule
d'info contradictoires qui arrivent de tous cotés , et nous on
est là sur la touche !
***
46- JP, le 18/03/00
RH, ce qui se passe chez toi est intéressant, car c'est pour
nous une des premières illustrations de ce que peut faire
l'administration concernant les réseaux.
*la confusion réseau-RPI est générale... et l'administration
n'est pas seule à la faire, les syndicats, les élus... et
Ségolène... ont du mal à comprendre car ils ne savent pas
très bien comment un réseau pourrait fonctionner. Là nous
souffrons de notre faiblesse; nous avons des choses à dire, des
expériences vécues à présenter, mais nous n'avons pas de haut
parleur pour le faire. Je pense réellement que la confusion
n'est pas voulue, les décideurs sont trop loin du terrain pour
imaginer comment ça pourrait marcher. S'il y avait un bouquin à
faire aujourd'hui, peut-être serait-ce sur l'histoire du réseau
sud-Vienne...
*la mise en réseau par le haut, sans les gens du terrain... elle
est de fait dans les textes. Là aussi, l'administration ne peut
pas imaginer que ça puisse se passer autrement. c'est dans sa
culture (c'est dans la culture de l'Etat tout court). En fait là
aussi il n'y a pas de surprise et là aussi je pense que ce n'est
pas un machiavélisme du ministère. Toute bonne idée qui peut
sortir du chapeau d'un fonctionnaire de l'administration (genre
Lebossé) sera toujours traitée de cette façon, par le haut, et
donc perdra de sa pertinence (et en plus ne marchera pas!).
L'intérêt pour nous c'est de les prendre de vitesse et de faire
nos projets en profitant des espaces de liberté qui s'ouvrent.
Après, par le fait accompli, et par la bagarre, on impose notre
vision des choses. Je ne sais pas trop où vous en êtes mais
peut-être que vous pourriez faire ça dans la Loire... vous
réunir, parents-enseignants-élus qui le veulent et monter votre
projet avant que l'Inspecteur n'ait ficelé le sien. Ce serait
aussi une piste pour MT à Sommeval : monter un
projet de réseau comme alternative au regroupement imposé
l'année prochaine... parce que MT, t'as beau être coriace,
ils arriveront à leurs fins un jour ou l'autre. Dis-moi si je me
trompe!
*Je suis ici -voir message précédent- dans le même cas de
figure. Nous avons réunion lundi soir parents-enseignants des
deux écoles pour un projet du canton que nous présenterons aux
élus. Ceux-ci devraient ensuite aller voir l'administration...
Si on a un truc qui tient la route, on est plus fort pour les
faire plier, je pense.
***
58- BC, le 19/03/00
A propos des RRE et autres: Pour la première fois
de ma vie je me retrouve de l'autre côté de la barrière sans
autre casquette que celle de... futur parent d'élèves,
dirtectement concerné par l'école de son village... qui n'est
pas l'école de ses rêves. L'éclairage devient totalement
différent.
1/ Première observation : la non-information de tous (parents,
élus.... et enseignants) est phénoménale. Que ce soit dans ce
qui se passe ailleurs (je ne parle pas de la méconnaissance absolue de
ce qui s'est passé avant !), dans la connaissance des
instructions, circulaires décrets. Et inutile de parler de la
connaissance pédagogique, là c'est au dessous du zéro absolu.
Et lorsque des embryons d'informations sont connus
(essentiellement du côté des enseignants), elles ne font
l'objet que de critiques. Peu importe qu'elles soient
justifiées, elles ne servent à rien dans l'immédiat parce
qu'on ne peut pas s'appuyer sur le seul négatif que l'on a pu
extirper. Pas étonnant alors qu'il en résulte passivité,
impuissance. C'est à mon sens le premier point sur lequel il
faut agir : la "démocratisation" de l'information.
Exemple : dans l'action à laquelle je me suis trouvé mêlé
depuis 8 jours, la première chose que j'ai faite c'est de
récupérer le rapport LEBOSSE, les circulaires sur le RRE, le
déroulement du processus de la carte scolaire, les membres du
CDEN, et de les filer à tout le monde, sans trier ceux qui
peuvent comprendre ou non. La deuxième chose c'est de surligner
quelques éléments concernant plus particulièrement les uns ou
les autres. Par contre je me suis bien gardé de mettre en avant
mes propres idées (profil prudemment bas sur ce point). Le
problème n'étant pas de convaincre et d'amener les gens à mes
idées, mais de leur permettre d'avoir LEURS idées, quitte à ce
qu'ils s'approprient les miennes. A partir de ce moment, le
groupe s'est trouvé formidablement dynamisé et en 8 jours à
proprement retourné la situation, retourné complètement un des
2 maires, obligé le second... à suivre. Les enseignants
eux-mêmes se sont mis alors en action (sont allés voir les
collègues et les maires de l'autre RPI etc.....). 2 stades me
paraissent donc indispensable, dès maintenant : donner
l'information telle que, même si elle comporte des points
difficiles ou dangereux (démocratisation). Ce stade révèle
souvent dans la population beaucoup plus de personnes capables
d'en tirer elles-mêmes des conclusions et des pistes qu'on ne
l'imagine (confiance dans les capacités des autres). Aider à
extirper de cette information ce qui peut être utile
(exploitation de l'info).
2/ A propos des RRE, il y a des éléments que tout le monde
(enseignants, élus parents) devrait connaître AVANT que
s'engagent les opérations de l'IA ou des IEN. - Vous avez dans
le site un exemple réel d'utilisation de la circulaire de
Ségolène.
- Il n'y a aucune confusion entre RPI et RRE. Il n'y a pas de
déplacements d'enfants d'une école à une autre (ça cela
concerne les RPI).
- Ce type de circulaire met la balle dans le camp des partenaires
comme des enseignants : Le flou peut devenir positif puisque les
partenaires n'ont pas un modèle à suivre mais un modèle à
inventer. Au lieu de le dénigrer on peut donc s'appuyer dessus.
Sinon ce flou sera naturellement et habilement exploité par
l'administration. - Le point le plus novateur, est celui de la
fameuse "convention", issue directement des travaux de
la FNER et du groupe LEBOSSE. C'est la clef même d'un RRE qui
repose sur elle. Mais c'est aussi celui qui pose des problèmes
à tout le monde ! [...].
* Collectivités locales : Elles vont avoir à s'investir... et
à investir. Elles ne savent donc pas ce qui va en résulter. Tant
mieux : C'est l'occasion de les engager dans un processus et non
pas de les mettre d'emblée face à des obligations qui vont leur
faire peur. Il semble évident qu'il ne faut pas attendre que les
IA les convoque. : Il vaut mieux qu'AVANT, enseignants, parents
et élus se soient penchés sur le problème, avec les
informations, puisque, de toutes façons les IA vont dans un
premier temps réunir les élus ! Au lieu que la source d'info
soit le seul IA, il y a alors une info préalable qui fait que
les élus, quelle que soit leurs idées, ne sont plus dans les
mêmes rapports. Si on les laisse aller désinformés à ce type
de réunion et sans savoir ce qu'il y a derrière ou devant eux
dans leur propre commune, faut pas s'étonner après.
* IA : Il est bien obligé de réunir les élus de son propre
fait, puisque les RRE touchent aussi à d'autres problèmes que
pédagogiques, en particulier l'aménagement du territoire. Il a
d'autre part des comptes à rendre sur son action, avant la fin
mars si le calendrier de 99 a bien été reporté a 2000. Les IA
sont aussi liés à des accords avec le CG. Sa rencontre avec les
élus est donc logique. Dans pas mal d'endroits, ils se heurtent
aussi aux problèmes d'équipements : instructions par exemple
concernant les TNC (ressort de l'Education nationale),
équipement relevant du ressort des collectivités locales. Il
est donc normal qu'il voit avec les élus comment est le terrain
sur lequel il va obligatoirement marcher. YJ et MT pourraient
de leur côté bien expliquer comment élus et administration
fonctionnent et quelles sont leurs règles de fonctionnement.
Mieux on connait les fonctionnements réels, mieux on peut agir.
* Les enseignants : Le RRE implique cette fois officiellement les
partenaires. Il faut donc, peut-être pour la première fois,
qu'ils fassent avec ! Le ghetto n'est plus possible, une certaine
tranquillité non plus. Il va falloir chercher des consensus,
accepter une certaine ingérence, une certaine transparence. Les
partenaires vont prendre un certain poids, mais ne vont pas
forcément accepter d'être de simples courroies de transmission.
* Les parents : jusqu'à maintenant, ils n'ont strictement aucune
voix au chapitre. Cela en arrange beaucoup (cela permet de se
contenter d'être mécontent). Et pourtant il y a obligatoirement
parmi les parents la même diversité que parmi les enseignants
ou les élus. Ils sont tout autant que les élus complètement
ignorant des enjeux. Le RRE les fait rentrer dans l'école...
mais va aussi leur demander une implication (temps, moyens...).
- La "main" dans l'instauration d'un RRE n'est prise
par l'IA que dans la mesure où les autres la lui laissent. Le
tout petit exemple en ce qui concerne ce qui se passe ici le
démontre : L'IEN (et aux dernières nouvelles l'IA) ont été
complètement désarçonnés par le fait que des parents et des
élus s'engouffrent eux-mêmes et avant que l'administration ait
dévoilée ses intentions, dans la circulaire de Ségolène.
Même les enseignants n'avaient fait part à personne que l'IEN
leur en avait vaguement parlé. Et cette fois, pour reprendre la
main, IA et IEN provoquent eux-mêmes des réunions d'urgence,
l'un avec les maires, l'autre avec les parents. Mais les rapports
seront différents !
- Si je reprends la lettre de l'IA envoyée à MT, il y a un
point qui me parait foireux : La transformation de la CU en
classe du RPI apparemment proposée (et non pas décidée) par le
CDEN, peut être considérée comme un abus de pouvoir si elle
est imposée l'an prochain : Si cette transformation aboutit à
la suppression d'un poste, à la limite l'IA est dans son droit :
Il "doit" répartir les postes qu'il a à sa
disposition pour le meilleur fonctionnement de son service. Si ce
n'est pas un problème d'effectifs, il serait alors dans un cas
d'abus de pouvoir. Toujours dans la circulaire ministérielle,
les CU ne sont pas officiellement considérées comme des
structures à supprimer (certaines sont....). Sa transformation
obligatoire ne peut donc être argumentée que s'il prouve son
mauvais fonctionnement, mais encore faut-il que les usagers
eux-mêmes en soient mécontents. Le RRE en lui-même ne comporte
aucune clause tendant à supprimer les classes uniques, au
contraire, il fait officiellement partie des outils
permettant.... leur amélioration.
Personnellement, je crois que les RRE, constituent un outil qu'il
faut absolument utiliser, même s'ils ne sont pas les
"réseaux". Quelle importance ? Ils n'empêcheront en
rien les "vrais réseaux", qu'ils soient à
l'intérieur des RRE ou à l'extérieur. Et plutôt que de
laisser l'Administration en faire ce qu'elle veut, autant jouer
le jeu en tentant de les mettre vraiment au service des écoles
et des enfants.
Extrait du rapport "Lebossé" : "Les initiateurs
(du RRE). Ils peuvent être un ou plusieurs des acteurs ou
partenaires de l'école : enseignants, IEN, IA, élus, parents,
mouvement d'éducation populaire". Ce n'est qu'un rapport
mais on peut s'appuyer dessus pour prendre l'initiative : On a
toujours intérêt à prendre l'initiative plutôt d'attendre
celle de l'IA ou de l'IEN : cela change complètement les
rapports de force.
[J'ajouterai que] la constitution des RRE préconisée
officiellement repose sur une NEGOCIATION entre les partenaires.
Dans une négociation il y a les rapports de force, mais aussi
les intérêts des uns et des autres. Les enseignants peuvent
peser (par exemple la charge de travail supplémentaire) les
collectivités locales peuvent peser (qu'est-ce que vous apportez
vous IA sur quoi vous vous engagez ?), l'IA peut peser, et lui
il pèse (si vous ne marchez pas, exit vos écoles), les parents
peuvent peser (poids électoral, poids des manifestations, poids
de la demande éducative, poids de la citoyenneté...), les
données extérieures peuvent peser (travaux aussi bien du
ministère que d'autres, expériences menées ailleurs etc....).
Un des rôles de la FNER serait d'apporter les biscuits
intéressants aux négociateurs.
***
42- RH, le 05/04/2000
Nous avons parlé mise en réseau de nos écoles et cela a
suscité de nombreuses questions de la part des parents car tout
et n'importe quoi circule en ce moment: du genre que des élèves
de CE2 seraient regroupés dans un village que d'autres iraient
dans un autre enfin bref c'est le délire le plus complet , donc
je suis en train de potasser ce que peut être une mise en
réseau , j'aurai besoin de votre aide .
Dans les coins où des réseaux fonctionnent déjà depuis belle
lurette y a-t-il des déplacements d'enfants ?Quels rôles ont
les parents vu qu'ils sont partie prenante dans l'élaboration du
réseau ?Comment intégrer le collège de notre secteur (nous
avons un contrat éducatif local qui vient d'être signer )?
Quels sont les pièges que nous devons éviter , s'il y a des
pièges ?Nous avons une réunion la semaine prochaine avec les
collègues du canton pour commencer à défricher le terrain ,
j'aimerai avoir des réponses assez précises sur tous ces points
là siou plaît ! Car c'est aussi flou pour les collègues et
j'ai l'impression de beaucoup me répéter . Avez-vous des
exemples concrets de ce qu'a pu apporter une mise en réseau en
termes de:
-stabilisation des effectifs et des équipes pédagogiques
-l'implication des parents
-la convention passée avec l'EN
-le rôle des élus
-les moyens obtenus : maître de soutien , instit détaché
etc..... Je rêve peut être un peu mais bon ...
***
46- JP, le 05/04/00.
Sur la mise en réseau, quelques réponses imparfaites :
*a priori les déplacements d'enfants ne me paraissent pas
souhaitables, on se met justement en réseau pour les éviter. Ou
alors il s'agit de déplacements ponctuels pour une rencontre
entre écoles...
*les parents : une manière de les intégrer serait la création
d'une Association loi 1901 autour des écoles concernées, comme
on avait fait à la Campagnole, ou comme elle existe en Sud
Vienne. J'ai les statuts des deux assoces, si tu veux, dans mes
archives. C'est difficile à long terme, il me semble, de faire
jouer à beaucoup de parents un rôle moteur, car ils ne restent
pas toujours parents... A la Campagnole, nous avions un seul
parent très actif et même quand ses enfants sont partis au
collège... par contre les élus, c'est plus facile.
*le collège : je n'ai pas d'expérience là dessus... peut être
voir avec le réseau du roi Morvan (Morbihan) [...] ou alors [...] dans
le Doubs pour un projet commun classes
uniques- collège du Russey.
*des pièges : la vision trop rigide et centralisée, il me
semble... il vaudrait mieux commencer sans grande ambition, par
exemple acheter du matériel en commun et voir après;
l'important étant de lancer une dynamique de mise en commun.
*Stabilisation des effectifs et de l'équipe pédagogique ... A
La Campagnole,
très sensible : les écoles paraissaient comme dynamiques
-penser à la presse locale pour mettre en valeur ce qui se
passe- les instits y retrouvaient une fierté.
*Convention avec l'IEN ou l'IA, c'est ce que font les gens de la
Vienne actuellement; voir donc avec PG... Ca me
paraîtrait important de négocier un quart de décharge pour un
coordonnateur choisi par l'association ... Ou quart de décharge
permanent (nous en avons eu un à La campagnole après cinq ans
d'existence), ou à défaut des décharges de temps en temps pour
des actions communes.
*les élus : dans l'association, membres d'honneur par exemple.
Je crois que dans la Vienne, le président est un maire.
***
41- PW, le 26/03/00 [un peu en marge de ce débat,
mais pas tant que ça...]
J'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement. Voilà, c'est
à propos de notre travail actuel sur les réseaux d'aide.
Réseau, c'est le nouveau mot à la mode dans l'Education
Nationale. Depuis Internet, le Réseau, c'est tout ce qui se fait
de mieux: moderne, efficace, productif...
Alors le ministère en use et en abuse.
Avant étaient les GAPP: des Groupes. Mais des groupes, ça
demande du personnel. Alors, on eut l'idée de l'appeler
"Réseau". Un réseau, ça démultiplie les relations,
donc c'est plus efficace, donc on peut supprimer des postes et
disséminer les lieux : avec le réseau on gagnera en efficacité
!
Les mots, c'est vrai, c'est important. Ça décrit une réalité
mieux qu'une étude sociologique: le masculin de
"institutrice", c'est "instituteur"... là,
on a vite trouvé. Mais le féminin de "proviseur",
c'est quoi? Et est-ce que d'en inventer un ça changerait les
choses ? Sûr qu'il faudrait quelques décennies pour que ça
fasse évoluer les mentalités.
Mais les mots, ça doit décrire une réalité.
Et un réseau (non, j'ai pas oublié ce que je raconte !), ça ne
se décrète pas d'en haut : on ne peut pas forcer les gens à
communiquer. Tout au plus peut-on tenter de créer des conditions
favorables...
Alors on a "dit "Réseau" sans les créer et on a
supprimé des postes. On en a aussi profité pour fermer des
"perf"... oui, je sais, maintenant on dit des CLIS,
mais je vais pas vous refaire le coup du vocabulaire, vous
penseriez que je vous prends pour des mal-comprenants !
Réseau... la magie. Dans les zones rurales aussi, on se met à
parler "réseaux". Et toujours pareil : pas des
réseaux dont on aurait favorisé le développement, non... des
réseaux qu'on va vous y forcer à y être, que sinon on vous
ferme une classe et que ça sera tant pis pour vous si vous
voulez pas accepter d'être modernes.
Alors on va "créer" des réseaux et ça permettra
encore de supprimer des postes. "Gains de
productivité". Y n'osent pas encore le dire chez nous, mais
c'est bien ça quand même. Tant pis si les gosses voyagent 2 à
4 fois par jour, tant pis si ça coûte plus cher à la commune
et au Conseil Général... l'Etat dépense moins.
Quant aux enfants qui auraient besoin d'un maître G près de
chez eux, je sais pas vous, mais moi, [ ... j'ai] quelques noms
à mettre. Et je me disais que si au lieu d'avoir un demi-réseau
pour 2 zones, on avait un réseau complet par zone, on aurait
peut-être pu aider sérieusement quelques gamins à se
réconcilier avec l'école, avec les apprentissages, avec
eux-mêmes.
Alors, à l'heure des manifs contre le gel de l'emploi publique,
je n'ai pas pu m'empêcher de faire le rapprochement (enfin, le
voilà!). Le rapprochement entre nos besoins sur le terrain, et
ce qu'on nous propose avec l'air désolé de celui qui voudrait
ben, mais qui n'peut point...
***
? , le 20/01/01
Mon école (une classe unique de la moyenne section au CM2) fonctionne
actuellement en réseau avec huit autres écoles rurales de ma
circonscription. Il est vrai qu'en théorie ce mode de fonctionnement
est particulièrement intéressant :
* rompre l'isolement des enseignants ET des enfants.
* permettre de décloisonnement pour les enfants qui parfois sont seuls
dans leur niveau (je n'ai qu'un seul CP).
* construire des progressions et des évaluations communes permettant
d'avoir un oeil plus critique sur son travail.
* réaliser des projets en communs (nous publions chaque semaine un
journal inter-écoles, nous participons au projet 1000 défis pour ma
planète...)
* ...
En fait, en pratique le RER est relativement difficile à mettre
en place :
les décloisonnements demandent des moyens techniques pas forcément
mobilisables par toutes les écoles (en fait par les communes), les
publications et communications nécessaires pour les projets sont
rendues difficiles par le matériel, les écoles présentent de plus une
très grande
inégalité de subventions communales (mon école n'a aucun intervenant
alors que toutes les autres ont un intervenant musique et un
intervenant anglais
par exemple)...
Malgré tout je reste convaincu de l'utilité de cette structure qui pour
le moment reste non officielle puisque nous n'avons pas de statut mais
nous
sommes en train d'essayer de le créer donc tous les conseils seront les
bienvenus.
***
31- GERME du Comminges
(Groupement des Ecoles Rurales et de MontagnE du Comminges) : voir sur ce
site
également une contribution de Michel CALPENA.
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Réseau rural d'éducation, un
guide pour l'action
SOMMAIRE
Introduction
Qu'est ce qu'un réseau rural d'éducation (RRE) ?
Comment constituer un RRE ?
Du projet à la convention en passant par le
contrat pédagogique
L'État veille à garantir l'accessibilité et la qualité des services publics dans les zones rurales et urbainesfragiles, ainsi que leur juste répartition sur l'ensemble du territoire en fonction des attentes des populations.
Pour ce qui concerne les zones rurales, le Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIADT) du 15décembre 1998 a confirmé que la politique d'aménagement du territoire ne peut pas se traduire par un statu quo en madèred'implantation des services publics. Leurs indispensables adaptations et réorganisations doivent s'inscrire dans un cadreglobal, intercommunal et pluriannuel, tenant compte des évolutions démographiques, économiques et sociales.
Dans le même esprit, la circulaire n° 98-252 du 17 décembre 1998 de la ministre déléguée chargée de l'enseignementscolaire. relative à l'avenir du système éducatif en zone rurale fragile constate que "après cinq annéesd'application, certains effets du moratoire décidé en 1993 ne sont pas positifs pour les élèves et les enseignants : il aparfois accéléré le processus de désertification scolaire alentour". Cependant, il y a accord désormais pourconsidérer qu'en zone rurale, là où les classes à plusieurs cours sont majoritaires, les résultats des élèves dans lesenseignements fondamentaux sont identiques, voire légèrement supérieurs à la moyenne nationale1 .
Pour atteindre, partout et en toute équité, les objectifs du service public national d'éducation. l'idée est de promouvoirla mise en réseau des écoles en zone rurale fragile2 autour d'un collège ceci sur la base d'un projet éducatif et en tenantcompte des contraintes géographiques.
De tels réseaux ruraux d'éducation (RRE) doivent être à la fois des outils depolitique éducative et d'aménagement du territoire. Ils ne peuvent se concevoir sans l'engagement et la solidarité desdifférents partenaires sur le terrain : équipes éducatives, parents d'élèves, élus, acteurs de l'enseignement agricole etdu monde associatif, etc., réunis autour d'un projet arrêté ensemble.
Cette brochure a d'abord pour but de préciser cette notion de réseau rural d'éducation et de décrire les conditions de samise en place et de son fonctionnement. Elle présente dans une seconde partie des exemples de réalisations ou de démarchesqui peuvent conduire à la constitution d'un R.R.E.
1 Pour une nouvelle dynamique du système éducatif en zone rurale isolée, Rapport de mission de J.C Lebossé àSégolène Royal, ministre déléguée chargée de l'enseignement scolaire, juillet 1998.
2 Pour caractériser ce type de zone, sans recourir à une définition statistique trop rigide et forcémentréductrice, on propose de se référer à tout ou partie des critères suivants :
Qu'est ce qu'un réseau, rural d'éducation (RRE) ?
Un réseau rural d'éducation concerne tout autant les élèves que les équipes éducatives,les parents, les associations, les élus ainsi que les différents services de l'État. Il favorise les interrelationsentre les élèves et permet aux enseignants, qui évoquent souvent leur isolement et le risque inhérent de routine,d'engager une démarche d'échange et de mutualisation. Cette démarche doit prendre appui sur la complémentarité desressources et des apports humains et matériels, de l'école et de l'ensemble des partenaires.
1. Le RRE est un dispositif et non pas une structure
Il faut rechercher la souplesse, le décloisonnement et l'ouverture.
Il s'agit de prendre appui à la fois sur les différences et les complémentarités. Travailler en réseau, c'est mettre enrelation et faire agir ensemble des acteurs confrontés à des situations ou à des difficultés semblables dans des lieuxdifférents, et des acteurs confrontés à des situations ou à des difficultés différentes dans des lieux semblables. C'estaussi permettre aux élèves de se confronter à de nouvelles situations.
En tant que dispositif, le RRE est fondé sur un projet pédagogique qui concrétise la volonté de travailler ensemble des personnels des écoles et collèges du territoire.Il rassemble tous les partenaires de l'école et exprime - du point de vue éducatif - la volonté d'aménagement du territoireconcerné.
2. Le RRE va au-delà du regroupement pédagogique intercommunal
Dans bien des endroits, les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) ont permis lemaintien d'une structure scolaire qui, sans eux, aurait disparu. Ils ont généralement favorisé le développement de l'accueilen maternelle. Mais aujourd'hui, ils sont souvent à !a recherche d'un nouveau souffle que peut apporter le RRE, qui doitcomprendre - à terme - un collège constitué en point d'appui et en pôle du réseau.
Pour offrir un projet éducatif à tous les jeunes du territoire dans un cadre géographique,structurel et humain qui leur soit accessible, le RRE doit pouvoir :
offrir tout au long, de ce parcours une formation de qualité, complète et cohérente. qui ouvre sur tous les choix ultérieurs parmi les filières générales. technologiques et professionnelles.
Le RRE va donc permettre - à court ou moyen terme - letravail en réseau de l'ensemble des écoles et collèges concernés. Pour faciliter la continuité du parcours des jeunes,il est souhaitable que le RRE noue des relations étroites avec les établissements susceptibles d'accueillir les élèves par lasuite.
3. Le RRE définit un territoire scolaire
Il vise à rendre aussi accessibles que possible à tous les enfants et les jeunes de ce territoire, les ressources scolaireset éducatives qu'ils sont en droit d'attendre de la maternelle au collège, c'est-à-dire jusqu'à la fin de la scolaritéobligatoire. Il concernera donc plusieurs communes rurales certes, mais parfois aussi urbaines. En effet, un dispositif telque le RRE se conçoit sur un territoire qui comprend une zone rurale fragile, mais peut aussi englober, des communes que lestatisticien pourra classer comme urbaines.
En règle générale, le territoire du RRE est d'une autre nature que les découpages territoriaux que sont les pays. lescantons, les communautés de communes. etc. Pour mieux prendre en compte la part d'imprévisibilité et la dynamique propres àtoute communauté humaine, il est Important de penser que ce territoire n'est pas, figé et de lui prévoir, par conséquent une possibilité d'évolution.
Le RRE va - à court ou moyen terme - impliquer des collectivités territoriales (communes, groupements de communeset département), des responsables du système éducatif (personnels enseignant et non-enseignant), des parentsd'élèves. des mouvements associatifs touchant à l'éducation sur ce territoire ainsi que différents services de l'État.
Pour que le projet éducatif qui sous-tend le RRE soit effectivement réalisable, l'ensemble des acteurs de l'école etleurs partenaires doivent se mobiliser sur ce territoire, ce qui implique :
• la confiance, le volontariat et l'engagement de tous ;
• la traduction de ce projet sous forme d'une convention les engageant les uns et les autres.
Comment constituer un RRE ?
1. Des conditions à réaliser progressivement
> Une mutualisation des ressources matérielles
et humaines qui doit concerner autant l'éducation nationale
que ses partenaires, pour apporter des réponses adaptées auxbesoins de
toutes les écoles et collèges d'un même territoire.
>Un développement de la concertation, dans un esprit
de solidarité entre les écoles et les collèges, pour favoriserles actions
communes et pour permettre l'échange et la mise en
valeur des expériences pédagogiques et éducatives réussies.
2. Qui pilote ?
> Un pilotage conjoint de l'inspecteur chargé de la
circonscription du premier degré, et du principal de collège
est certainement la meilleure formule. Un groupe de pilotage,réunissant
les responsables du système éducatif du territoire
peut les assister et constituer l'instance exécutive du RRE.
> Un comité de réseau est le lieu de concertation et
de régulation poux l'ensemble des partenaires impliqués.
Il peut être constitué à partir du comité local d'éducation.
3. Des idées pour créer un RRE
La démarche de constitution d'un RRE repose souvent sur des
actions préexistantes, ne serait-ce que la constitution deregroupements
pédagogiques intercommunaux.
Par exemple :
Le projet concerne à la fois la politique éducative et l'aménagement du territoire.
1. Préparer le projet de réseau
Un état des lieux précisera les données
démographiques et socio-économiques du territoire et enprésentera les
caractéristiques scolaires : implantation
géographique des écoles et collèges, ressources humaines etmatérielles
disponibles, résultats scolaires des élèves
perspectives d'évolution, etc.
Cet état des lieux sera élaboré par les responsables locaux del'éducation
avec leurs principaux partenaires.
Partant de cet état des lieux, ils retiendront les objectifs
prioritaires, et feront des choix en explicitant le sens
de l'action, tant sur le plan pédagogique que sur le plan
territorial.
2. Traduire le projet en engagements
> Le contrat pédagogique
Le contrat pédagogique formalisera les objectifs deréussite scolaire
que retiennent après discussion l'inspecteur
d'académie et les équipes des écoles et collèges du RRE. Ilfixera pour une
durée de trois ans les actions à conduire et
les résultats à atteindre. Il peut être révisable paravenant.
Il précisera les moyens attribués en postes, heures etcrédits. Il
intégrera les mesures d'accompagnement. d'animation
pédagogique et de formation.
> La convention
Dans le cadre de la politique d'aménagement du territoirerural, la
convention définira l'implication des services de
l'État (éducation nationale et autres), des collectivitésterritoriales
(communes, groupements de communes et département)
et du mouvement associatif.
Cette convention sera d'autant plus facilement mise en oeuvre queles
communes intéressées se seront déjà groupées, par
exemple pour envisager un contrat éducatif local. Celui-ci seraalors
articulé avec la convention.
Les moyens mis en oeuvre par les uns et les autres serontprécisés pour la
durée de la convention.
3. Suivre et évaluer à deux niveaux
> Le suivi et l'évaluation des objectifs pédagogiques
et des résultats des élèves fixés par le
contrat du RRE
Un tableau de bord du réseau sera élaboré. Il pourraintégrer les
évaluations nationales en CE2, en 6e et
en 2nde ainsi que les outils fournis par la Direction
de la programmation et du développement.
Les équipes impliquées dans le
réseau construiront, en fonction des réalités locales leurspropres
éléments de diagnostic.
> Le suivi et l'éva1uation du réseau lui-même
Il s'agira là d'apprécier la contribution du réseau à lapolitique
d'aménagement du territoire, ce qui requiert une
approche inter partenariale qui relève du comité du RRE.
Pour l'un et l'autre de ces niveaux,
on pourra associer évaluation interne et évaluation externe.