ARCHIVES

- brèves (ci-dessous)

- actualité passée, vue à travers les messages de la liste FNER. En en-tête, le numéro du département concerné par le message
    NB : cette rubrique s'est arrêtée en 2005, faute de "combattants" et de mise en page régulière... 

(voir aussi page d'accueil des CREPSC, rubrique ACTUALITE, le site CLASSES UNIQUES, qui reprend pour partie ces infos, sous une autre présentation, et en propose beaucoup d'autres, en particulier sur les réseaux)

- dossiers, débats, témoignages, compte-rendus...


Brèves

 « La Fédération Nationale pour l'École Rurale vient d'envoyer aux Inspecteurs d'Académie, la lettre ouverte ci-jointe. En effet, même s'il ne semble pas y avoir aggravation au niveau national, nous constatons des situations inquiétantes, soit au niveau de certaines académies (exemple : redéploiement au détriment des départements les plus ruraux), soit au niveau de certains département, ou tel inspecteur a décidé de "récupérer" des postes en zone rurale, en opérant des regroupements forcés ; sans compter que se poursuit la disparition progressive des classes uniques (certains IA ne "supportant" pas des classes de 12 ou 15, fussent-elles uniques, à côté de classes urbaines dépassant 25...). Ajoutons que dans beaucoup d'écoles rurales où les effectifs augmentent, les petits de maternelle sont davantage refusés, les demandes d'ouverture ne sont pas prises en compte, et parfois même non formulées (forme d'autocensure). D'où une dégradation des conditions...
C'est pourquoi nous avons rédigé une lettre ouverte en direction de tous les Inspecteurs d'Académie (sauf Paris et la proche couronne).
En effet, même si certains secteurs bénéficient de mesures de carte scolaire plutôt favorables aux zones rurales, il n'en demeure pas moins qu'à de rares exceptions près, il n'existe toujours pas de politique scolaire à long terme en milieu rural :
    - c'est trop souvent la courte vue (carte scolaire annuelle) malgré les textes sur les Réseaux Ruraux d'Éducation qui proposent entre autres des contractualisations pluriannuelles ;
    - c'est presque toujours l'argumentation réduite à l'usage de la calculette (à tant, je ferme, à tant, j'ouvre...) ;
    - c'est de plus en plus l'arbitraire d'un département à l'autre. »

Pour la FNER, Michel BARON


AG d'ADELE : extraits :

« Une vingtaine de participants, Espagnols en majorité (AER de Castille, de Catalogne, d'Aragon, du Pays Basque Espagnol, Mouvements de Rénovation Pédagogiques, Preescolar na Casa <Caritas de Lugo>) et 3 représentants de 
l'ICE - Instituto das Comunidades Educativas - (Portugal), à savoir Rui d'Espiney, Mirna Montenegro et Cristina Crista. Les Gallois avaient envoyé une lettre pour dire leur impossibilité d'être présents et de toute façon pas en mesure militante pour participer à la suite d'ADELE ; aucune nouvelle d'Écosse du Scottish Network... Et votre serviteur, au titre des CREPSC et de la FNER.
Ordre du jour : l'avenir d'ADELE.
Nous avons constaté des similitudes de situation sur le vécu en milieu rural, avec les mêmes écarts énormes  d'équipements, d'encadrement, de traitement institutionnel. L'Institution nous félicite de notre action exemplaire bla-bla-bla mais lorsqu'on en demande la reconnaissance officielle voire davantage, alors, c'est le refus poli, le renvoi aux calendes grecques...
Aussi, tous les participants se sont mis d'accord pour vouloir installer un réseau solidaire éducatif et travailler ensemble en direction des instances européennes, espérant ainsi des retombées nationales, dans un esprit européen dépassant les espaces nationaux trop rigides, trop imperméables... Ceci dit, le volontarisme ne suffit pas, et nous avons eu un débat très animé - mais toujours très "civil" - sur les modalités d'action, de mise en oeuvre de ce travail, avec des conceptions différentes de stratégie ... Enfin, il fallait trouver une solution de fonctionnement et j'ai proposé que le site MARELLE serve de carrefour d'échanges entre nous tous, avec une gestion française du site pour la mise en ligne des échanges et la création d'une liste de messagerie sur ce serveur... 
Il a été décidé à l'unanimité des présents et mandatés que l'association formelle ADELE était mise en sommeil et j'ai proposé qu'elle prenne alors le nom associé de "Resiliança", mot brésilien intraduisible signifiant à la fois résistance, solidarité, volonté de peser sur les structures et les institutions pour les faire bouger... Ma proposition de fonctionnement a été adoptée à l'unanimité. »    Patrick Galland


Éditorial : L'Accès au Savoir doit devenir le premier Service Universel planétaire.

Les 3 et 4 avril derniers, s'est tenu à Paris le sommet de l'OCDE consacré à l'éducation. Les Ministres de l'éducation des pays de l'OCDE se réunissent tous les cinq ans pour partager leurs expériences et tenter de définir de grandes orientations communes en matière d'éducation et de formation. 
A l'issue de ce sommet, les Ministres de l'Education des pays développés, par la voix d' Edelgard Bulmahn, Ministre allemand de l'Education, ont lancé un appel à l'industrie informatique pour qu'elle commercialise à l'intention des écoles un « ordinateur du peuple ». Edelgard Bulmahn a par ailleurs expliqué que les technologies de l'information et de la communication « permettent de développer une nouvelle façon d'apprendre : la pédagogie de projet. » En partant d'un thème, les élèves abordent plusieurs matières : les mathématiques, le français, la géographie. L'ordinateur représente alors le point central de partage d'informations pour les professeurs et de recherches pour les élèves.

Dans une telle perspective, les nouvelles technologies permettraient la mise en réseau de tous les établissements éducatifs et de toutes les compétences autour de projets pédagogiques. Pour y arriver, Edelgard Bulmahn a insisté sur l'importance des partenariats entre les écoles, les universités et les entreprises, ainsi que sur la nécessité d'une réforme des systèmes scolaires dans tous les pays membres. Dans son rapport intitulé « Analyse des politiques d'éducation », disponible sur le site de l'OCDE, (vous trouverez ci-dessous les liens avec ces divers sites), l'organisation internationale donne une vision prospective de l'école selon six scénarios.

- Le premier considère que le système scolaire bureaucratique reste tel qu'il est. Les problèmes actuels demeurent, les inégalités perdurent. 
- Le second scénario imagine que « l'insatisfaction générale conduit à remanier les systèmes de financement et de scolarisations. ». C'est l'entrée de l'économie de marché à l'école. Les inégalités se creusent. 
- Le troisième place « l'école au cœur de la collectivité » : son financement reste public, l'école devient lieu de formation initiale et professionnelle, parents, entreprises et acteurs sociaux y jouent un rôle important, tous mis en réseau grâce à Internet, tous enclins au travail collaboratif. 
- Le quatrième scénario permet aux écoles de proposer aux élèves un enseignement diversifié et ouvert grâce à un réseau plus large. L'équité sociale est renforcée, mais à la condition que l'institution publique demeure tout en acceptant de se réorganiser profondément. 
- Le cinquième scénario envisage la « dé-scolarisation » : les élèves deviennent des électrons libres qui apprennent de chez eux sur ordinateur au risque de creuser considérablement le fossé numérique puisque l'équipement des élèves ne dépend plus que des familles. 
- Le dernier scénario envisage la désintégration de l'école après exode des enseignants. 

Ce document prospectif a le mérite de rappeler que l'avenir en matière d'éducation n'est pas encore écrit et de réaffirmer la responsabilité déterminante des États et de la puissance publique en matière d'accès à l'éducation et à la formation. Mais si cette réflexion et cette prise de conscience des états et des institutions internationales sont très encourageantes, deux autres initiatives remarquables venant des enseignants et des chercheurs eux-mêmes marquent peut-être un tournant décisif vers un accès véritablement équitable et universel au savoir. 

- La première initiative émane de douze mille universitaires et chercheurs de 124 pays qui estiment que les ressources scientifiques devraient être consultables librement sur le Net. Dans une lettre ouverte, les signataires appellent à la création d'une base de données publique en ligne. Leur argument principal concerne le prix élevé des abonnements aux revues scientifiques, qui les met hors de portée des universités dans les pays pauvres. Les chercheurs signataires s'engagent à n'écrire plus que dans les revues qui céderont leurs droits sur des articles publiés depuis six mois et plus. 
- Au même moment, et ce n'est sans doute pas un hasard, le prestigieux MIT (Massachusetts Institute for Technology) annonçait sa volonté de mettre en ligne gratuitement près de 2000 cours écrits, les sujets de ses examens, des simulations, ainsi que des vidéos des cours d'amphithéâtre de ses professeurs. Baptisé OpenCourseWare, le projet pourrait commencer à l'automne prochain avec la mise en ligne de 500 cours sur deux ans. Une fois les documents disponibles, les internautes pourront prétendre appartenir à la communauté des étudiants du MIT ou passer un diplôme. Professeurs et étudiants pourront se servir des cours pour leurs propres recherches, et les curieux de tous horizons auront accès à des textes à la pointe de la recherche informatique et scientifique. Selon le MIT, la majorité des 940 professeurs de l'université est prête à distribuer gracieusement ses cours. En revanche, les professeurs ne pré-publieront pas le fruit de leurs recherches récentes sur Internet. A l'occasion de la présentation de ce projet, le Président du MIT, Charles M. Vest, a fait une intervention très remarquée pour défendre avec passion cette initiative. Il a rappelé que celle-ci correspondait tout à fait à la mission du MIT et aux idéaux fondateurs de cet établissement mondialement réputé. Il a également souligné qu'il espérait que l'exemple du MIT soit rapidement suivi par les autres universités américaines. Enfin, Charles M. Vest a insisté sur l'importance, outre la gratuité, de la disponibilité dans de nombreuses langues des cours du MIT, afin que les pays en voie de développement puissent exploiter pleinement ces nouvelles ressources cognitives. 

Enfin, il faut également souligner que l'Union Européenne vient d'adopter définitivement la très importante directive sur les droits d'auteurs. Sans entrer dans le détail de ce texte très technique, on peut remarquer que cette directive, qui devra être transposée d'ici 18 mois dans notre droit national, devrait considérablement faciliter la reproduction ou la copie des documents multimédias à des fins pédagogiques pour les besoins de l'enseignement. 
Même si beaucoup reste à faire et si nous devons poursuivre inlassablement nos efforts pour amplifier ce mouvement, on voit donc s'amorcer au niveau mondial une évolution très positive vers un accès en ligne plus ouvert et plus équitable à l'ensemble des connaissances scientifiques et artistiques qui constitue le patrimoine commun de l'humanité. 
Parallèlement, on assiste à l'émergence et à la reconnaissance planétaire d'un nouveau droit fondamental pour chaque être humain : le droit au libre accès en ligne à la culture et la connaissance.


MRJC [L'école, l'emploi et l'agriculture :] des champs d’intervention, facteurs de transformation des territoires ruraux.

[Ces trois champs d’interventions particuliers] sont à chaque fois incarnés dans des dynamiques territoriales intégrant mobilisation locale et coopération internationale. Ces trois axes sont stratégiques, selon la volonté affichée par le mouvement, de transformer les rapports sociaux au sein des territoires ruraux, selon des principes de justice sociale et de fraternité. Chaque champ d’intervention appelle à mobiliser des jeunes ruraux directement concernés par les problématiques abordées : les élèves et enseignants pour l’école, les salariés et chômeurs pour l’emploi et les agriculteurs pour l’agriculture. L’ensemble de ces priorités visent le même projet et sont amenés à s’interpeller, à s’articuler, à s’associer.
[Un seul de ces champs sera présenté ici : l'école.]

Refonder le projet de l’école.

L’école courtisée de toutes parts…

Jamais autant qu’aujourd’hui, l’école n’a suscité une telle attention. Elle fait l’objet de multiples demandes de la part d’acteurs très divers de la société (parents, enseignants, monde économique, élus…). Au fur et à mesure des dispositifs, chacun veut apporter sa touche, lui ajouter une attribution… On vient lui demander de suppléer à des fonctions qui étaient traditionnellement imparties à la famille, aux lieux d’engagements sociaux comme les associations, appelés « tiers lieux éducatifs ». Pourtant ces espaces d’élaboration personnelle peuvent offrir une contribution originale à l’école. Nous tenons à affirmer qu’il n’est pas possible de penser un projet pour l’école sans l’articuler avec ces autres acteurs de l’éducation. Une transformation de l’école ne pourra intervenir qu’en partenariat avec d’autres organisations et par une reconnaissance accrue par l’Éducation Nationale de l’ensemble des acteurs éducatifs… Par nos démarches d’Éducation Populaire, nous sommes porteurs de savoir-faire, témoins et acteurs d’expériences où le vivre ensemble se réinvente, où une ouverture permet le croisement de réalités de jeunes avec un attachement à un idéal démocratique. Ainsi, nous participons à la transmission d’une culture commune au même titre que l’école.
Pour autant les lieux éducatifs que sont la famille et le « tiers lieu » ne sont pas à mettre au même niveau que l’éducation nationale.
En effet, pour la plupart des jeunes, l’école est un passage obligé. Elle est à ce titre un espace privilégié qu’utilise la démocratie pour diffuser une culture commune, partagée par une nation ; elle est un lieu d’apprentissage et, plus largement, un lieu qui veut donner du sens au vivre ensemble.

Des missions à tenir.

Ainsi, pour le MRJC, les missions attribuées à l’école doivent s’articuler autour de 3 axes :

· d’abord, assurer l’acquisition des savoirs fondamentaux (l’instruction) ;
· transmettre une culture commune, un projet de vivre ensemble fondés sur les valeurs de la République : l’école doit garantir les conditions culturelles nécessaires à une société démocratique. Les bases de notre espace commun, démocratique et laïque, construites sur des valeurs telles que la justice, l’égalité, la liberté, la fraternité, ou la raison, sont plus largement porteuses d’une vision de la société, une idée du monde à véhiculer aux jeunes générations, aux personnes en charge du monde de demain. Cela nécessite d’avoir un projet pour l’éducation.
· enfin, permettre la construction des personnes en promouvant des principes de coopération : L’école doit participer à créer des rapports entre les gens construits sur le principe de coopération en mettant en avant une logique collective fondée sur l’entraide et la fraternité plutôt que sur la compétition. Ce type de rapport nécessite le développement d’un esprit critique afin que chacun puisse se positionner dans la société et d’une capacité à pouvoir trouver sa vocation, son orientation tant sur un plan professionnel, personnel ou d’engagement dans la vie publique.

Ces missions premières ne doivent pas tomber sous l’emprise de logiques économiques au moment où le champ de la formation devient de plus en plus objet de convoitises. Elles doivent néanmoins prendre en compte les évolutions liées à la décentralisation et à l’émergence de projet de territoires.

Des défis pour les années à venir.

Tout d’abord, face aux attentes dont elle fait l’objet, il importe de soutenir l’école dans ses missions essentielles.
L’école reste le creuset où sont transmises et éprouvées des valeurs essentielles à la vie en communauté. L’Ecole a besoin d’être légitimée aujourd’hui dans son statut d’institution républicaine proposant la transmission d’un contenu commun sur l’ensemble du territoire national. Pour autant, ce contenu constitué des valeurs républicaines et de certaines matières fondamentales (histoire, littérature…) a besoin aujourd’hui d’être discuté. Nous pouvons, par exemple, interroger l’idée de fraternité à l’école : cet idéal, pour ainsi dire jamais mis en œuvre, a beaucoup à nous dire sur les logiques de compétition et de concurrence qui règnent, même à l’école. Des pratiques de coopération peuvent former de futurs citoyens, conscients de leurs responsabilités et solidaires dans leurs comportements. Par ailleurs, le corps éducatif doit se mobiliser afin de décliner ces valeurs en contenu et méthode significatifs de cette idée du monde (notamment autour des notions de coopération, d’actions collectives, de citoyenneté, de vocation…).

Il y a ainsi un enjeu à aller au-delà de l’existant. L’école fait partie d’un bassin de vie sur lequel se jouent des échanges, des relations pour un développement. L’école sans quitter ses attributs nationaux a à penser et à développer ses liens avec le territoire dans lequel elle s’inscrit. Il s’agit tout autant de permettre aux élèves l’appropriation de leur environnement local, d’inscrire l’École dans des dynamiques de développement local et de considérer l’École comme un lieu stratégique d’avenir du territoire. De même, il paraît indispensable que le territoire intègre, lui aussi, l’école dans sa politique de développement. Ces échanges, portants sur les questions d’emploi, de formation, de projets éducatifs, et plus largement de développement, peuvent participer activement à la lutte contre l’exode rural.

Pour mener à bien de tels défis, il est important de susciter un réel débat politique sur l’éducation en France et en Europe. Il est également nécessaire d’impliquer les acteurs les plus directement concernés par l’école : les enseignants, (et plus largement le corps éducatif) et les jeunes en formation. Ce sont eux qui peuvent « mouiller » leur chemise pour contribuer à faire de l’école un espace de transmission et d’élaboration d’un projet de société régénéré.


La classe unique … espèce en voie de disparition ?

Professeur des Ecoles ayant pris ma retraite … ce 30 juin 2001 après avoir travaillé dans diverses écoles relativement importantes (de 8 à 14 classes) puis une dizaine d’années comme conseillère pédagogique (circonscription d’Orsay) j’avais choisi, pour mes trois dernières années, d’occuper le poste de Saint Jean de Beauregard (classe unique en élémentaire , 5 niveaux : du CP au CM2).

Dans un article « Mais où iront donc les écoliers d’Auvernaux ? » concernant les problèmes liés à la fermeture de la classe unique d’Auvernaux (article paru le 7 juin 2001) je lisais :
 … « C’est quasiment impossible de mener à bien un enseignement pour cinq niveaux différents . Et pour cause, avec une classe unique d’une quinzaine d’enfants dans laquelle les élèves de 6 ans côtoient ceux de 11 ans, pas facile d’être à la fois au four et au moulin, d’apprendre à lire aux plus petits et d’inculquer des règles de grammaire complexes aux plus âgés »…

Premier étonnement ! Nous fûmes des milliers à enseigner en classe unique ; non seulement un enseignement de qualité y a été dispensé puisque de nombreux intellectuels, politiques, artistes… sont issus de ces classes uniques qui, avant la création du collège unique, comportaient beaucoup plus que cinq niveaux : les enfants y effectuaient leur scolarité de la classe enfantine au certificat d’études !

Pour ma part, gérer la classe unique de Saint Jean de Beauregard ne m’a pas demandé plus de travail que dans une classe homogène car je n’ai jamais eu au cours de ma carrière (lorsque j’enseignais dans une classe à un seul niveau) un groupe réellement « homogène » ! Rapides, lents, plus ou moins scolaires, certains très cultivés, d’autres calmes ou hyperactifs, tels ont été mes élèves depuis plus de trois décennies. La classe homogène n’est-elle pas un leurre ? Si le point de départ d’une activité était global, les exercices d’entraînement, d’approfondissement étaient toujours différenciés. En cela je ne faisais qu’appliquer la loi d’orientation de 1989 qui préconise de « respecter le rythme de l’enfant » et de le mettre « au cœur des apprentissages ». En revanche, la gestion de cinq niveaux demande une excellente organisation ainsi qu’une parfaite connaissance des programmes et des compétences à atteindre en fin de cycle ; en résumé une certaine expérience ! ainsi qu’une bonne maîtrise de la gestion du temps et de l’espace.

 Par ailleurs, je peux affirmer qu’une petite structure m’a permis de mettre en place des situations réelles de communication et d’apprentissage :
- prises de parole à l’intérieur du groupe (entretien du matin, bilan en fin de journée, conseil de coopérative)
- échanges avec d’autres classes (plusieurs correspondances : CP/CE1 en Charente, CM1/CM2 de Juvisy, une école de Côte d’Ivoire)
- rencontres avec les deux autres classes uniques du département (défi lecture l’an passé, rallye mathématique cette année)
- journal de l’école « A l’ombre du noyer » inséré dans le journal municipal.
- rencontres avec les « aînés » du village pour mieux connaître la vie quotidienne d’autrefois : prêt de photos, interviews…

Dans mon école, aussi bien voire mieux équipée que les autres, les outils sont à la disposition des élèves. Ces derniers ont ainsi pu réaliser cette année un site Internet www.freinet.org/creactif/sjb ainsi qu’un petit film vidéo « Moyen-âge en folie »

…«  A la base, c’est pour éviter que leurs enfants ne connaissent de difficiles entrées en matière au collège que la plupart des parents a fait pression pour que l’école communale ferme »…

Je suis à nouveau surprise car les meilleurs atouts pour les enfants entrant au collège ne sont-ils pas l’autonomie et l’organisation du travail personnel ? Par ailleurs , la classe unique permet l’individualisation du travail (appelée aujourd’hui la « pédagogie différenciée ») ce qui présente un avantage certain pour des élèves qui seraient en difficultés.
Tout ceci n’est pas nouveau et se met en place aussi dans de grosses structures mais … avec plus de difficultés !

Mais surtout, la classe unique développe la citoyenneté.
Les relations entre les élèves sont réelles puisqu’ils apprennent à se connaître et à se respecter sur plusieurs années. Aucun élève n’est anonyme. La communication et les prises de paroles sont favorisées par le petit effectif, ce qui permet d’acquérir une confiance en soi et une prise de responsabilités car dès leur plus jeune âge, les élèves participent aux réunions et aux décisions concernant l’école et il est courant de voir des élèves provenant de classe unique devenir délégués de classe en 6ème car ils savent prendre des responsabilités et s’investir pour leur classe.

… «  des parents ont décidé de placer leur progéniture dans le privé où ils se rendent  compte de l’important écart  de niveau que leurs enfants accusent »…

Cette affirmation contredit tout à fait les résultats de l’IREDU (Institut de Recherche sur l’économie de l’EDUcation, CNRS université de Bourgogne)

… «  les résultats soulignent les aspects particulièrement positifs des classes uniques, dont les élèves ont des acquis supérieurs à ceux des cours simples (l’écart est de 3,9 points en fin de CE2 et de 4,8 points à l’entrée en 6ème)…L’efficacité pédagogique des classes à plusieurs cours  est reconnue dans la mesure où quel que soit le nombre de cours dans la classe,  jamais les élèves ne progressent moins vite que dans les classes traditionnelles à un seul cours… »

Le mélange des âges, aussi avantageux pour les petits (« tirés » vers le haut) que pour les grands (responsabilisés) favorise la coopération plutôt que la compétition, et permet en outre un véritable travail dans la durée.
Dans mon école, les enfants et les adultes (enseignants, mais aussi personnel de service pour la cantine ou l’étude, intervenants en langue, en musique) ne sont pas différents d’ailleurs. Ce sont les conditions (taille, espace, équipement, hétérogénéité, nombre d’enfants par classe…) qui diffèrent et qui permettent à l’école de ne pas être le lieu d’un échec scolaire massif ou de violences continuelles et insupportables.

A l’heure où, en région parisienne, les grosses structures se révèlent souvent difficiles à vivre, où les enseignants et les élèves vivent fréquemment des rythmes effrénés… la classe unique laisse du temps, ce temps qui nous fait si cruellement défaut en pédagogie !
Du temps pour accueillir l’enfant.
Du temps pour l’enfant : le temps de se trouver, le temps de se construire de véritables stratégies d’apprentissages dans et grâce au groupe élargi à la classe, le temps de vivre et de s’épanouir !

Jacqueline Bizet, professeur des écoles, maître formateur à l’IUFM d’Etiolles, en retraite à partir du 1er octobre 2001.


Débat sur L'AVENIR DE LA FNER (nov. 2001/octobre 2002)

    « Que vous le sachiez, que vous vous en doutiez ou que vous l'ignoriez, nous avons un mal fou à faire vivre la FNER en tant que fédération. Le temps est bien loin qui lui permettait de rassembler des centaines dacteurs du monde rural, de peser sur les décisions. Aujourdhui, et surtout depuis Toussaint 2000, lorsque YJ a décidé den arrêter la présidence après des années au charbon, la fédération nexiste quasiment plus que par son réseau Internet
    Chacun de nous a beaucoup donné et il faudrait sentir une réelle volonté autour pour repartir, refonder la fédération, reprendre le chantier pour la petite école où nous l
avons laissé
    Nous lançons donc un appel pressant, solennel à chacun(e) d
entre vous : 

Est-ce que ça vaut le coup de repartir ?
Quel engagement êtes-vous capable de prendre ?
Quelle est votre motivation ?
Quels besoins ressentez-vous ?
Comment voyez-vous les choses ?

    Cet appel, nous lenvoyons sur la liste de diffusion, nous l'enverrons aussi par la poste
    En fonction des réactions, de VOS réactions, des débats éventuels, des analyses de chacun, nous ferons le choix de réunir une Assemblée Générale, une vraie Assemblée Générale de refondation (un week-end de mars ? à Paris ? à discuter...)
    Sinon, il sera toujours possible de maintenir un lien par le site ou la liste Internet
faute de mieux 
    Répondez
Surtout répondez ! Que ce soit oui, non, bof ou zut, mais répondez

OB (parent d'élèves, Mayenne) :
Ma tétraplégie ne me permet pas l'activisme que je voudrais, donc pour ma participation, c'est non !
Mon avis sur la FNER est des plus positif et j'espère de tout cœur qu'elle trouve un second souffle ! 
Ce n'est pas une consolation mais la crise de participation est générale - me semble-t-il - dans le bénévolat.
Voici un témoignage de plus en faveur de la FNER :
L'an passé, l'académie a voulu fermé une classe sur le RPI de nos 3 communes (BOUCHARA dont une présentation a été publiée sur le site FNER). Une nouvelle inspectrice s'est pensée : "je vais gratter un poste facilement à ces "culs-terreux" mais son dossier était manifestement moins bien fait que le nôtre et c'est bien grâce à la FNER ! Une forte mobilisation de nos élus maires et conseiller général a fait le reste, parce qu'ils avaient de la matière sur laquelle se reposer.
Le motif de fermeture était les effectifs prévus inférieurs à 47 pour la rentrée 2001, le bruit fait autour de l'évènement et la publicité faite à notre école a stimulé les inscriptions et nous étions 51 à la rentrée. Heureusement nous avions pu transformer leur projet de fermeture ferme qui aurait nécessité de 56 élèves en fermeture conditionnelle. [...]
***
MT (Ancien maire, Aube) :
Ma (modeste) contribution.
Vous le savez tous, nous avons un mal fou à faire vivre la FNER en tant que fédération.
Le temps est bien loin qui lui permettait de rassembler des centaines d¹acteurs du monde rural, de peser sur les décisions.
Et  pourtant pour les premiers congrès, l'effectif d'origine n'était pas élevé, mais la volonté était présente.
Aujourd'hui, et surtout depuis Toussaint dernier, lorsque YJ a décidé d'en arrêter la présidence après des années au charbon, la fédération n'existe quasiment plus que par son réseau Internet...
Difficile de trouver un successeur à celui qui a incarné la fédé, mais en cherchant bien...
L'existence par le réseau me semble être un élément fortement positif et très enrichissant. Je doute qu'il y ait beaucoup d' organismes nationaux à vocation associative qui puissent prétendre cette même qualité de fonctionnement.
Chacun de nous a beaucoup donné et il faudrait sentir une réelle volonté autour pour repartir, refonder la fédération, reprendre le chantier pour la petite école où nous l'avons laissé...
Nous lançons donc un appel pressant, solennel à chacun(e) d'entre vous :
Est-ce que ça vaut le coup de repartir ?
Oui, oui et oui !
Quel engagement êtes-vous capable de prendre ?
Relations avec les élus plus quelques petites tâches administratives. Mais je ne suis plus qu'un citoyen et je ne dispose peut-être plus des mêmes capacités et possibilités. À utiliser avec modération.
Quelle est votre motivation ?
Occupation du territoire national au maximum,
Quels besoins ressentez-vous ?
Une organisation de la fédé plus structurée
Comment voyez-vous les choses ?
Recenser les anciens, trouver des nouveaux. Alerter les associations qui ont déjà utiliser les services de la FNER et les inviter fermement.
Il est certain que l'AG doit être forte en participation pour quelle prenne tout son sens. Je pense qu'après un solennel appel à participer, les présents seront ceux qui souhaitent que la FNER continue, il suffira de compter. [...]
[...] Nous devons re-dynamiser la FNER. J'accepte [donc] de participer en fonction de mes moyens et surtout de ma situation car je ne représente plus que moi [...]
***
YP (enseignante, Indre-et-Loire) :
Je pense qu'il est important de se voir et discuter de vive voix, le virtuel ne remplace pas ce contact. En prenant du temps pour discuter, il me semble que l'on serait plus concernés car on ne s'est pas vus depuis si longtemps.
Quand on est tout seuls devant notre ordinateur, il y a des choses que l'on ne peut exprimer, et que l'on ne va pas oser dire à  des gens que l'on ne connaît pas.
Mais bon, ce n'est que mon avis... J'espère que la FNER continuera.
***
PG (enseignant, Vienne) :
[...] Je pense qu'il est plus que jamais nécessaire de poursuivre l'aventure (c'est ce qu'on dit toujours... mais par les temps qui courent, et avant qu'on soit tous devenus idiots à force d'être con-ditionnés par des abrutis politico-médiateux, c'est vraiment vital qu'on continue) [...]
***
JB (enseignante, Essonne) :
Me voici à la retraite depuis septembre [...]
Je vais donc répondre à propos de la FNER en faisant un petit bilan; mais d'abord je voudrais remercier (et je le pense vraiment) tous ceux que j'ai pu lire via Internet (je n'ai pas souvent répondu mais j'ai toujours lu!) et ceux qui prennent du temps pour faire vivre le site .
J'avais fait le choix de prendre un poste en CU pour mes trois dernières années et je m'étais fixée 3 pistes pédagogiques:
- continuer la réflexion dans le cadre du groupe départemental Freinet
- travailler avec les 2 autres CU de l'Essonne
- entrer en relation avec les autres CU de France via Internet (Marelle ?), un site d'école ?
Beaucoup trop ambitieux, bien sûr !
- Pour le GD 91, pas de problème, j'y avais ma place et étais regonflée par le dernier congrès.
- Pour les CU de l'Essonne; j'étais très excentrée (complètement au nord du département; les 2 autres classes tout à fait au sud) Aucun contact n'avait eu lieu précédemment. Pendant ces 3 années, nous nous sommes rencontrés une fois par période essentiellement pour échanger sur nos pratiques, emplois du temps, classes transplantées, financements etc.... une rencontre des 3 CU (en juin 2000 après un défi lecture, une autre en juin 2001 -rencontre sportive et rallye math-) J'ai fait passer les informations sur la FNER que je recevais via la liste, en particulier la pétition pour le maintien des CU à faire connaître et signer ; ça, ça a bien marché. Puis, nous avons invité tous les enseignants dans des écoles à petite structure à venir nous rejoindre lors de notre réunion de mai-juin 2000 : un flop total !
Cette année, il ne reste que 2 CU (à Orveau, l'instit entame sa 2° année, et à St Jean c'est sa 1° année) elles se sont rencontrées avant les vacances pour élaborer des activités communes.
- Aucune participation à Marelle.
Quelques réflexions :
1) comme tjrs il faut laisser du temps au temps! d'abord pour se connaître ( c'est tout de même plus facile pour faire un travail d'équipe! et il a fallu 3 ans pour qu'une réelle coopération se mette en place en Essonne)
2) j'étais allée à une rencontre à Paris de la FNER (en fév. 2000 je crois) j'y allais surtout pour mettre des visages sur les noms que je lisais sur Internet car moi, je ne suis pas trop branchée informatique et je préfère de beaucoup les vraies rencontres. Je n'ai pas pu aller en nov. à Loches (j'ai fait le choix de la famille qui ne comprenait vraiment pas que je m'investisse davantage à quelques mois de la retraite !) 
3) je peux dire que j'étais motivée pour la défense des écoles à petite structure, mais ce que j'attendais essentiellement de la FNER c'étaient des contacts pédagogiques et humains, c'est pourquoi une (ou des) rencontres nationales me paraissent indispensables (ça me va bien de dire ça, moi qui ne suis pas allée à Loches!) Personnellement, j'ai participé 1 ou 2 fois sur recherche-cu (par ex à propos de l'emploi du temps de notre journée; j'ai été un peu déçue parce que Bernard avait lancé des pistes de réflexion, peu ont participé et puis ... plus rien!) C'est pourquoi je suis plutôt pour se déplacer pour une rencontre, en général il y a davantage de temps pour échanger et on ressort regonflé! Et puis il est toujours difficile quand un groupe est constitué et a une longue histoire (ce qui est le cas de la FNER) de s'intégrer. Attention, je ne dis pas que je n'ai pas été accueillie, mais je "débarquais" et j'avais tout à découvrir... il faut du temps!
4) L'avenir de la FNER, d'après ton message, il ne semble pas au beau fixe. Avez-vous reçu bcp de réponses? Je pense qu'il faut soit être directement concerné par une fermeture, soit avoir déjà un peu de bouteille dans une CU pour s'investir à la FNER. Quand on prend une CU , au début on est complètement débordé: par la classe bien sûr, mais aussi pour creuser son trou (les familles, la municipalité, l'environnement...) et la défense des écoles à petite structure, on est pour bien sûr, mais on a si peu de temps à y consacrer, et puis ce n'est peut-être pas notre priorité dans le contexte dans lequel on vit. Moi, j'ai travaillé davantage avec l'IUFM pour que cette CU soit école d'accueil d'abord pour des PE1 et des étudiants de la fac d'Orsay puis pour les stages de pratique accompagnée des PE2 car cette CU, en limite de ville nouvelle, avec accueil des enfants en maternelle dans la ville voisine ne pouvait se défendre que pédagogiquement. Ensuite, il y avait une telle baisse d'effectifs par vieillissement de la population de St Jean que j'ai passé beaucoup de temps pour essayer d'aller à la "pêche aux élèves" !!! et puis surtout il y a ce foutu ordinateur qui m'a pompé les mercredis, week-ends etc.... pour accompagner les enfants dans leur découverte d'Internet et la réalisation de leur site d'école (au fait, avez-vous fait un tour à www.freinet.org/creactif/sjb) ?
5) A chaque fois que Bernard proposait un axe de recherche, j'étais prête à m'investir et puis... je ne l'ai jamais fait ! Fatigue ? équilibre familial ? envie de faire autre chose ? ... de flâner ? de rêver ? La dernière année d'activité, pour moi, ça a été un peu tout cela !
6) Alors... la FNER doit-elle continuer ? Oui, si vous avez assez de force, non si elle retombe sur quelques-uns mais de toute façon il faudra, à mon avis, tout en tenant compte du passé
- repartir à zéro (je pense que beaucoup d'instits aujourd'hui en CU ignorent la plupart de vos combats précédents - ce serait intéressant de recenser les collègues pour voir depuis quand ils sont en CU),
- vous faire connaître, un peu de pub! (c'est moi qui suis allée vers la FNER suite à un article que j'avais lu dans le Nouvel Éducateur et qui ai fait connaître vos activités à mes collègues dans le département - une collègue en CU, depuis plus de 20 ans, qui a pris sa retraite en 2000 m'avait dit ne jamais avoir entendu parler de la FNER; la collègue qui était avant moi dans l'école était dans le même cas),
- faire émerger les besoins des collègues (ces besoins peuvent être autres que la lutte pour le maintien de leur classe),
- et bien sûr répondre à leurs besoins.
7) Maintenir un lien via Internet, bien sûr (mais comme je le disais précédemment tout le monde n'est pas "branché"! En tant que retraitée, que puis-je faire ? l'informatique, c'est pas vraiment mon truc! alors, peut-être donner un coup de main matériel si vous organisez quelque chose en région parisienne ? ou ... ?

***
JA (enseignante en Haute-Garonne) :
Je souhaite participer à une éventuelle refondation du mouvement, avec toute la conviction et les moyens dont je dispose; je suis en effet convaincue de l'intérêt d'une fédération des écoles rurales, et qu'il faut lui faire de la pub, la faire connaître auprès des milliers de jeunes qui débarquent dans des écoles rurales, en CU ou pas, et qui ont vraiment besoin de rencontrer des gens impliqués pédagogiquement, car pour l'instant le SNUIPP est la seule organisation un peu engagée qui est offerte à ces nouveaux diplômés qui sortent si nombreux, de plus en plus nombreux... il y a là un terreau neuf et vivant qui se trouve ( en Haute-garonne pour le moins) souvent affecté sans le vouloir en campagne, et qui finit par y rester parce qu'on y vit et on y enseigne mieux qu'à Toulouse...il suffira parfois d'une simple information pour que ces jeunes trouvent enfin des sujets de motivations et d'investissement dans leurs classes,  j'en suis sûre.
Je me propose comme relais de la Haute-Garonne, pour tenter de nous faire connaître par l'IUFM, qui doit absolument devenir une courroie de transmission pour nous...
Quant à une rencontre en chair en et os, moi je suis partante, il n'y a que ça de vrai, même si c'est à Paris, et ça donnera un peu plus de réalité à nos échanges internautiques... 
Voilà, moi je ne connais que des noms sur mon écran, des styles toujours sympathiques, et j'aimerais [...] réintégrer la liste FNER et m'engager là comme je tente de le faire avec Marelle...
Au plaisir de vous rencontrer enfin.
***
JCL (enseignant, Doubs) :
On sent quelques frémissements, quelques inquiétudes aussi, voire quelques défaitismes (dans les silences notamment) en ce qui concerne l'avenir de la FNER. Il va sans dire, mais il va mieux en le disant, que je suis toujours partant, bien sûr pas dans n'importe quelles conditions (ni avec n'importe qui, ben tiens !). Les  mesures de carte scolaire proposées par l'I.A du Doubs ne comportent aucune fermeture de C.U. ni de classe dans des écoles à petite structure. C'est la première fois que je vois cela depuis que je m'intéresse à ces problèmes, c'est à dire à peu près depuis mes débuts dans le métier (19.. - je n'ose pas écrire les 2 derniers chiffres !) Je me demande si nous, militants de la FNER, mais aussi de l'ADPER 25, présents sur le terrain à chaque début d'année, n'y sommes pas un petit peu pour quelque chose. Et ça me donne encore plus envie de montrer que je suis toujours là, même quand je serai radié des services actifs (en 2003, là, j'ose l'écrire !) Il faudrait songer à réserver une salle pour la prochaine réunion (week-end, journée ?) Qui ? Quand ? Voilà du concret. Je suis certain que d'autres se joindront à nous lorsque tout sera bien planifié. A vous lire...
***
YJ (maire, Vienne) :
Je confirme mon accord pour participer à redéfinir le rôle de la FNER et pour susciter "un second souffle" dans un autre rôle que celui de la première période. OK sur le principe pour une réunion en mars à Paris. [...]

***
EA (Enseignant, Puy de Dôme)
:
Travailler sur le financement de l'école rurale, [...] peut-être en lien avec les pb liés à la direction d'école mais en gardant à l'esprit la spécificité rurale. [...] Ce pourrait être un moyen de se repositionner par rapport à l'actualité
***

JA (Enseignante, Hte-Garonne):
·
- Est-ce que ça vaut le coup de repartir ? OUI !!!
- Quel engagement êtes-vous capable de prendre ? MINIME et LOCAL, je suis déjà un peu trop investie dans mon travail!

- Quelle est votre motivation ? aussi forte que ma conviction, c'est à dire maximale

- Quels besoins ressentez-vous ?
- de rencontrer des gens qui pensent dans la même direction, sur le net et entre classes, afin que il n'y ait pas que les enfants qui échangent des trucs intéressants, et que les classes soient dans les mêmes orientations que la mienne

- Comment voyez-vous les choses ? garder le lien internet au moins, et créer des groupes locaux qui soient capables de transmettre l'info et de la diffuser.... ici, on est deux, SJ et moi, à être capable de suivre ce qui se fera ,ensemble
Propositions de projets mobilisateurs à plus long terme.Possibilité d'un colloque annuel genre université d'été, où on fait le point sur les projets innovants de l'année écoulée, et où on cherche à se perfectionner en partageant... des expériences concrètes....et donc pas besoin d'interventions de gens célèbres, juste nous voir entre nous, et bosser ensemble à préparer l'avenir! ( enfin, on pourrait discuter de ce sujet sans se frotter à notre enfermement local, et regarder ce qui se passe ailleurs!) parce que parfois, tout seul... on finit par manquer d'imagination!

Extraits des statuts de la F.N.E.R.
J'ai mis des numéros par ordre d'importance (c'est toujours JA qui écrit, et ses ajouts sont en couleur)

Cette fédération agit pour :
0 - Assurer aux enfants de l'ensemble des espaces ruraux, quelle que soit leur situation géographique, un enseignement de qualité dans le cadre d'un service public de proximité.
C'est le boulot de l'état.
1- Faciliter les échanges entre élus, enseignants et parents pour arriver à une gestion commune de l'école rurale à l'échelle locale, départementale et nationale.
2- Obtenir des pouvoirs publics que soit reconnue au sein du système éducatif, les spécificités des écoles rurales et que leur soient donnés les moyens nécessaires à son évolution et à sa valorisation.
3- Promouvoir, à partir des expériences existantes, une école rurale ouverte sur l'avenir, innovante et dynamique tant sur le plan de l'acquisition des savoirs que sur celui de la formation des individus et des groupes.
4- Mieux faire connaître la réalité de l'école rurale, sa valeur pédagogique, les résultats qu'elle obtient, le rôle essentiel qu'elle joue dans le développement local :
cf points 1, 2 et 3
5- Encourager la coopération, sous quelque forme que ce soit, entre écoles rurales, promouvoir les échanges afin de leur donner la possibilité de se doter en commun des moyens et de partager leurs expériences. Ça me semble le boulot de marelle, mais bon j'y connais pas grand chose !

C'est donc pour le maintien et le développement d'un service public EDUCATIF de qualité, à partir DE LA RECONNAISSANCE des atouts pédagogiques des petites structures scolaires, que la Fédération agit.

J'aimerais bien aussi que cette fédération m'aide à construire le concept de communauté éducative, et d'éducation populaire...à partir du partage du vécu et grâce aussi à cet outil cosmique qu'est le web...enfin, maintenant j'arrête sinon ça finit en liste pour le père Noël !
Juliette Alonso,
persuadée que c'est bien de faire vivre une structure nationale, mais pas bien sûre de pouvoir s'engager tant que ça dans l'aventure : mes deux jeunes garçons commencent à trouver que c'est pas marrant d'avoir une mère pédagogue engagée.... et toujours ailleurs ! [...]
***
Y
J (Maire, Vienne)

préfère ne pas s'impliquer directement dans la refondation, mais reste disponible pour faire le lien avec la recherche-action et par ailleurs pense bientôt publier un livre sur école et ruralité. Il estime aussi qu'un travail est nécessaire sur l'actualité (les rapports et les images mentales réciproques école/commune ont dernièrement considérablement évolué notamment avec l'intercommunalité, ce pourrait être aussi un sujet sur lequel se retrouver et avancer).
***
JP (Enseignant, Lot)

pense retravailler le local, et aussi rassembler des gens qui ne sont pas d'accord sur tout, notamment au niveau pédagogique, mais qui sont d'ardents promoteurs de la petite structure scolaire. Il évoque la possibilité de renouer avec
École et Territoire, une association qui s'est essentiellement battue au niveau administratif pour tenter d'obtenir l'annulation de fermetures d'écoles (et parfois y réussir). [...] Il peut y avoir une forme de complémentarité, voire localement, avec des personnes de bonne volonté, de collaboration.
***
FG (Collectif Enfants/parents/professionnels) :
Je travaille toujours pour l'ACEPP de la région ouest et mes thèmes de travail sont sur :
- accompagner les parents à concilier vie familiale et vie professionnelle (développer les réponses et modalités de réponses en terme de modes d'accueil des tout petits)
- accompagner les initiatives de parents "premiers éducateurs" de leur enfant et travailler les interactions parents et professionnels. La question de l'accueil des 2 ans à l'école se pose donc à nouveau, ainsi que la place des parents par rapport à l'école.

Bien des chantiers sur lesquels nous pourrions échanger...
C'est pourquoi si la FNER se maintient pour moi il s'agirait d'un espace d'échanges et de confrontation de point de vue entre parents, élus et enseignants sur ces thèmes, mais comme la plupart d'entre vous je ne dispose pas de bcp de temps "libre"...
à suivre (ACEPP : www.acepp.asso.fr)
***
OB (Parent, Mayenne) :
 
Les difficultés de la FNER m'attristent et me renvoient à l'impuissance de mon état : moi l'amoureux  de la ruralité, j'assiste aux crises sans pouvoir rien  y faire, que ce soit pour l'élevage et ses vaches dont le contact  me manque tant, la protection de notre environnement ou le maintien de nos service publiques.
De mon fauteuil ou de  mon lit, je ne peux qu'élaborer dossier, tract ou document pour promouvoir  notre école via l'APE;je viens de donner mon ancien ordinateur à  l'école et leur copie les cd-roms de mes enfants mais que puis-je faire de plus? Un jour viendra où je devrai quitter pour un foyer de vie
Je regrette donc de ne pouvoir m'engager à vos côtés, de ne même pas pouvoir venir rencontrer pour cette AG les [...] piliers dont les écrits m'ont si souvent enthousiasmé Mais je vous encourage à continuer ! Faites-le^pour ceux qui ne le peuvent pas et que ceux qui ne le veulent pas aillent  au diable.
bien amicalement
Un vétérinaire tétraplégique, parent d'élèves grande section et CE2 à BOUCHARA (RPI)
***

YP, enseignante Classe Unique (Indre-et-Loire)

Je suis déçue de ne pas pouvoir assister à cette assemblée à Paris, car effectivement, j'avais demandé un contact réel.
Je suis toujours la dernière classe unique d'Indre et Loire et je me sens toujours isolée. Je n'ai pas de problèmes avec ma hiérarchie, pas de reconnaissance non plus. Du côté des parents, les exigences des derniers arrivés commencent à être pesantes.  [...] Le travail en classe unique, accueillant comme moi 25 élèves de tous niveaux est quelque chose de dément. C'est pour cela que je continue à suivre les débats de la FNER, des classes uniques. Je me rends compte qu'il n'y a pas de solution miracle et que nos tâtonnements sont légitimes. Mes élèves sont très sympas, autonomes, dégourdis et éveillés. Par contre si il y en a un qui est porteur de difficulté majeures (retard, troubles du langages, troubles du comportement, ...), la classe unique ne résoudra pas tout. L'esprit d'entraide non plus. Et  [certains] ne se gênent pas pour dire que cet enfant là, s'il avait été dans une école "normale", il n'aurait pas eu ces problèmes. Je trouve énorme de se retrouver seule "pédagogue" face à ces exigences là.
Pas de soutien du psychologue scolaire, et comme il n'y en a qu'un dans le secteur, le tour est vite fait.
Je trouve énorme aussi les week-ends à préparer, corriger, réajuster, mes enfants ont de plus en plus de mal à le supporter .
Comment faites vous ? Comment gérez vous vie privée et vie professionnelle ? Les corrections, pédagogie différenciée, réajustements?
Je regrette vraiment de ne pas pouvoir être à Paris, la théorie ,un peu raz le bol, j'aurai tellement aimé partager la pratique !!!!
***
AB (Chercheuse, Indre-et-Loire) :

Dans ce qu’est la Fédération, son intérêt, il me paraît important de souligner :
                La F.N.E.R. permet la mutualisation des expériences variées d’un département à l’autre. Elle permet de relativiser ces expériences locales et les pratiques d’enseignants, d’élus, de parents qui sont “ le nez dans le guidon ” dans l’action, tout en mettant en valeur ces actions.
Du point de vue de la recherche, elle peut constituer un observatoire des écoles rurales, de leur diversité, des personnes qui les font vivre.
Si ces informations sont rendues visibles (sur le site, par des documents écrits etc), elle permet ainsi de faire la promotion et de défendre ce qui existe ou ce qu’il est possible de faire.
Elles donnent du poids aux mobilisations locales ainsi mises en réseau.
               
Les personnes qui appellent demandent toujours : ailleurs comment ça se passe ? Est-ce que la même situation existe ? Quels arguments pourrait-on avancer en plus ?
Exemples de demandes reçues en mars :
. Villemey : suppression d’une classe en R.P.I. Demande des exemples variés de répartitions d’effectifs qui montrent que les organisations “ tolérées ” sont diverses, les seuils de fermeture très variés d’un endroit à l’autre. Avoir ces informations permet de peser dans le rapport de force avec l’I.A.
. Varennes sur  Fouzon (Indre) : Parent d’élève, école de deux classes “ menacée de R.P.I. ” (je cite) : Comment faire ?
. Cliousclap : Ecole de 4 classes, menace d’une fermeture avec moyenne de 16 élèves /classe. : quoi faire en plus de toute la mobilisation déjà enclenchée ?
. autre exemple : Bussières Boffy dans la Haute Vienne où PG a pu intervenir.
Dans les coups de fil, il y a ensuite des demandes plus pointues : le financement des intervenants, un maire, un inspecteur  a-t-il le droit de faire telle ou telle chose ?, la question des ASEM…etc

                Du secrétariat, je réponds au mieux, du moins j’essaie, mais je ne suis pas toujours disponible pour y consacrer suffisamment de temps. Autre aspect : quand j’envoie de la doc, photocopies et affranchissement finissent par avoir un coût. Cela demande un suivi des situations locales que je n’assure qu’en partie. Je donne également souvent les coordonnées des uns et des autres, notamment quand ils sont proches géographiquement des personnes concernées. Je les invite également à consulter le site, les pages F.N.E.R. (que là aussi MB met à jour).
A ce propos, je voulais rappeler que nous avons un fichier adresses très étoffé. J’en envoie une copie récente à MB. Nous avons essayé de le tenir à jour.
   
         Quand j’ai pris le relais de JM au secrétariat, je suis allée chercher les cartons F.N.E.R. en Bretagne. Les documents et archives sont nombreux, maintenant à peu près triés et stockés. Je garde également quelques traces des débats sur Marelle. Il y a beaucoup de choses à exploiter, nous n’avons pas toujours les moyens de le faire faute de temps et de moyens.
Les actes de Poitiers, par exemple, pourraient être imprimés à nouveau. Peut-être pourrait-on les vendre ? Mais… Quel est l’état des finances ? Je pense notamment à la partie qui reprend de manière quasi exhaustive les débats qui avaient eu lieu pendant les ateliers. Nous avions déjà dit également que nous allions refaire un document à partir des actes de Crozon……, un document qui rassemblerait tout ce que l’on a sur les R.P.I.…

 

En plus des coups de fil et des messages internet, n’oublions pas qu’il y a eu aussi, notamment : 
-La pétition-lettre ouverte qui a permis, entre autre, de rassembler de nouveaux contacts.
-en nov 2001 : ADPER 41 : intervention d’Hubert Montagner. Selon MB, un écrit sera fait.
-en nov 2001 : Salon de l’éducation à Paris Table ronde École et territoire (participation d’YJ)
-la lettre aux Inspecteurs d’académie : peu de réponses mais c’est un exemple que j’envoie parfois aux demandes d’arguments. Elle a le mérite de les rassembler.

Des contacts et échanges, par exemple : 
-magazine La Terre
-M.R.J.C. : OL (qui avait collaboré [...] pour le rapport Lebossé) remplace OM sur les questions d’écoles.
MB est allé à leur A.G. en juin 2001.
-Alternatives rurales  Contact : Anne Parlange. JP a envoyé des articles, je crois.
-revue Village : qui a souvent passé de l’info sur la F.N.E.R.
- une émission sur la cinq à propos des cantines scolaires. Je ne sais pas ce que le journaliste a fait des contacts et explications donnés.
Les médias sont demandeurs sur un temps très court, donc difficile de toujours répondre. Ils nous trouvent facilement avec le site internet.
-A.C.E.P.P. : Cf. message de FG. [...]
-Yves Goulm, Salon du livre rural :
L’an passé : JM, CD et des élus ont participé à une table ronde sur l’école rurale pendant ce salon. Yves Goulm a un enregistrement des débats.

-Et puis le site : très important comme outil et sur le fond. Cependant sans doute devons-nous veiller à ne pas abandonner ceux qui ne sont pas connectés… Je pense au Finistère, par exemple. J’essaie d’envoyer les info mais…

Thèmes nouveaux ou toujours d’actualité :
-l’intercommunalité
-la restauration scolaire
-question de la taille et des effectifs/classe.
La question du nombre d’élèves est récurrente : diversité des seuils de fermeture, tolérances… Dans certains cas, les atouts de l’école rurale deviennent plus difficiles à mettre en oeuvre : Cigogné 25 élèves en classe unique. RPI Dame-Marie-Morand [...], 30 élèves par classe de trois niveaux à chaque fois… Des communes où les ouvertures sont difficiles à obtenir car situées en milieu rural.
-Ruralité d’hier et aujourd’hui… travail commencé à Loches. 
-L’école rurale et l’argent : coût, d’où vient l’argent. Marchandisation de l’école.
-L’école pour tous : hétérogénéité des enfants accueillis.
A propos des enfants dits “ intellectuellement précoces ” : les écoles rurales où existe une pédagogie différenciée, où la diversité des enfants est réellement prise en compte sur le plan pédagogique, peuvent être des lieux adaptés à ces enfants, comme aux autres. Il me semble que cela peut permettre (à condition d’effectifs raisonnables) une alternative aux classes de niveaux, à la spécialisation d’école publiques ou privées qui fonctionnent parfois de manière particulière en oubliant, selon moi, ce qui concerne la socialisation, la vie dans un groupe hétérogène, pour ces enfants.
Avec d’autres différences, nous avons reçu une lettre d’une mère d’élève trisomique qui me demande nos réflexions sur l’intégration des enfants handicapés et des contacts possibles dans les Hautes Alpes, P.A.C.A. ou en Rhône-Alpes. Son enfant a été orienté en C.L.I.S. à 42 km de chez eux.
-les familles et l’école : nouveaux arrivants en rural, nouvelles attentes, voire exigences…
-le rapport de force local/Institution Éducation nationale.
-les réseaux d’école
-les contrats éducatifs locaux
-les collèges

Statuts :
Points 2-3-4-5 repris sur la convocation me semblent très importants.

En Indre-et-Loire :
               
Ma thèse étant terminée, les contacts et les déplacements pourront être différents. Dans la cadre de la recherche effectuée, les entretiens réalisés répondaient à certaines conditions et exigences d’un travail de recherche, avec le respect de l’anonymat, d’une certaine absence de parti-pris...
Il existe un petit réseau d’enseignants (YP, LG et quelques autres dont de nouveaux contacts) qui seraient intéressés. En fonction de ma situation professionnelle à la rentrée, on aimerait pouvoir provoquer une première rencontre. Elle se fera peut être avec en lien avec une demande du Snu-ipp qui m’a sollicitée pour participer à une journée départementale sur le thème des écoles rurales. Cela débouchera-t-il sur la création d’une association départementale ? A voir…

-École et territoire : il me semble important de connaître leur action, leur façon de fonctionner, leurs objectifs, les nouvelles personnes de cette association, avant de leur proposer une complémentarité.

-Engagement : je suis d’accord pour poursuivre ce que nous faisons.
Je pourrai m’engager précisément sur le poste de secrétaire seulement en connaissant le bureau qui se constituerait et se proposerait. Peut-être pouvons parler d’équipe ou des responsables nationaux -il y a sans doute un terme plus adéquat à trouver- … mais dans le même temps, le statut d’asso loi 1901 et donc d’un bureau permet les cotisations, un compte en banque etc , un fonctionnement légal. De plus, le fonctionnement associatif permet aussi la représentativité. Prendre un “ poste ” pour prendre un poste, qu’est-ce que cela signifie ? Pour qui le fait-on ?…
Cela pose aussi le problème de la rentrée des cotisations… 

OK pour une rencontre prévue de longue date; comme Toussaint 2002. [...] Genre université d’été, échanges d’expériences, pas forcément besoin de “ gens célèbres ”
Tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant l’était, entre autre, parce que des expériences locales étaient connues, mises en valeur et analysées et donc à l’issue du temps passé à relater, expliquer, comparer. D’où l’intérêt de rencontres annuelles sur les écoles rurales.
Les contacts, documents évoqués sont à la disposition de tous, n’hésitez pas si vous souhaitez répondre à certaines demandes etc. [...]


Assises Nationales des Lycées Ruraux, à Surgy (près de Clamecy, Nièvre), le 8 avril 2006

http://soslyceesruraux.hautetfort.com

 

Présentation

Interventions

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Situations particulières


- Lycées non représentés par quelqu'un mais qui ont envoyé un message : les fermetures sont toutes officiellement motivées par une baisse d'effectifs # baisse démographique.
- témoignages
1- Montmorillon : révolte du rural profond contre la disparition des filières essentiellement professionnelles, contre une politique zélée de suppression. Les parents en première ligne.
2- Decize : menace de suppression des filières professionnelles, promesses non-tenues : les bacs pros supprimés au profit de l'apprentissage. Soutien du SNES à ces assises. Mêmes problèmes en ville... Collèges ruraux dans le collimateur.
3- Avallon : par voie de presse, on a appris des suppressions de postes. Difficile mobilisation avec les collègues qui ne voyaient pas encore les conséquences...
4- Varzy (prof + FO) : très petit lycée, filières très réduites (méthanerie, menuiserie). Soutien inconditionnel des élus et des parents.
5- Louhans : suppression de certaines options, attraction de Châlons (40 km). Pourtant, les structures sont performantes, mais elles risquent d'être sous-employées. Forte mobilisation locale, avec des projets adaptés à la situation locale.
Dans la Saône & Loire, disparition de nombreuses filières peu courantes, locales.
6- Tonnerre : mobilisation des enseignants et des parents sur l'éventuelle suppression d'un BTS, mais prise de conscience difficile dans ce lycée.
Classes devenant surchargées.
7- FCPE : pour l'égalité et pour la gratuité, impossibles si éloignement à plus de 100 voire 400 km.
8- PCF soutien le mouvement, resitue ce combat dans une attaque d'ensemble contre les services publics et le développement des structures privées, à tous les niveaux (de la maternelle à l'université).

Conclusion : on est toujours le rural de quelqu'un d'autre d'autre ; les solutions doivent être diversifiées le plus possible.

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En prime : un article du "café pédagogique" à la page
http://www.cafepedagogique.net/dossiers/lycrur/index.php

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Fin du cpte-rendu


Congrès de l'Association des Maires Ruraux de France

 

1ère partie : table ronde sur l'École Rurale

 

"Les jardins de l'Anjou" à La Pommeraye (Maine-et-Loire) : salle polyvalente (rencontres sportives, congrès et séminaires...), aux proportions encore plus grandes que celles du gymnase de Rochefort-Montagne !

La grosse centaine de maires y tenait plus que largement : une majorité masculine de moyenne d'âge plutôt élevée (beaucoup de têtes chenues et/ou grisonnantes...).

 

En introduction : les présentations d'usage - style quand même très convenu (vanter, voire vendre sa commune, son département, sa région, voyez tout ce qu'on y fait, venez chez nous, vous n'en reviendrez pas !). J'ai noté entre autres :

 

a/ L'existence à La Pommeraye d'une bibliothèque intercommunale... ceux qui en ont peuvent-ils dire si c'est une bonne formule (p. ex. : davantage de livres, mais éloignement pour les habitants et les élèves des communes où elle n'est pas implantée) ?

 

b/ La présence d'une "Association des petites communes du Maine-et-Loire". Avez-vous ça chez vous ? Quels liens avec l'Association des maires ruraux ?

 

c/ La mise en œuvre, dans le secteur, d'un "pôle végétal" : avez-vous remarqué combien le pôle était une espèce en voie de prolifération ? Ce doit être pour enrayer le réchauffement de la planète...

 

d/ Une observation du Président du Conseil Général : (en substance) « on se plaint qu'il y a trop de communes en France, mais quand je vois l'engagement et le travail polyvalent des élus, c'est une vraie économie de personnels »*.

Autre rappel : l'aménagement du territoire doit permettre de donner plus pour ceux qui en ont le plus besoin.

 

e/ Un rappel de Gérard Pelletier, président de l'AMRF, qui s'est plaint d'une carte scolaire calamiteuse cette année, même si ses effets ont été atténués par une forte mobilisation.

 

f/ Et enfin, la présentation des participants à la table ronde, par Pierre-Yves Collombat (qui au passage a souhaité que l'école rurale ne soit pas réduite à être une école sous perfusion) : FNER/OER/AMR-41/ex-IA.

 

1/ Jean-Louis Fauguet (l'un des collaborateurs de l'Observatoire de l'École Rurale)

> Années 60 : les ruraux entrent moins au collège que les autres, donc l'école rurale est moins performante (c'est en tout cas ce raisonnement qu'on tenait et qui alimentait l'image négative de l'école rurale ) !

> Actuellement, légère avance des ruraux dans TOUS les domaines, surtout les maths, malgré une origine sociale plus modeste. Donc, écoles à défendre !

> Classes uniques légèrement en dessous (dans leur panel), mais « rien de catastrophique » ; les meilleurs résultats seraient plutôt dans les écoles à 3 classes.

> Dans le secondaire, résultats toujours un peu supérieurs à la moyenne (pour autant qu'ils soient mesurables, on a beaucoup moins de données), mais un manque d'estime de soi - entre autres - favorise une orientation "courte" (l'apprentissage p. ex.) : on fait des choix de "modestes". (plus de demandes pour être apprenti en rural (4 ½  %, contre 1 ½ % en urbain).

débat

- Modestie ou plutôt difficultés à cause des distances, ou difficultés d'intégration dans une nouvelle communauté ?

- Non, modestie des milieux sociaux-culturels ruraux ; pour l'OER, il n'y a pas de "pédagogie rurale" ; par contre, oui, résistance à quitter son milieu rural.

- La formation en IUFM n'est pas adaptée à l'enseignement en classe unique ou à plusieurs cours.

- Peut-être choix de formations courtes par "réalisme" plutôt que par défaut.

- Le modèle qui est à présent dominant est celui du second degré : trop de place à la didactique, et ne permet pas de "comprendre" la classe...

 

2/ Jean-Charles Ringard (ancien I.A. tout récemment retraité)

> Confirme un déficit d'ambition scolaire en milieu rural.

> Les conditions pédagogiques de l'école primaire rurale (plusieurs cours, autonomie, etc.) n'existent plus au collège, puisqu'on y revient à une structure traditionnelle : l'impact de la pédagogie n'existe plus au collège, et réapparaîtrait en premier le déficit socio-culturel...

> Les transports scolaires aggravent les conditions (moins de temps pour les devoirs).

> La diversité des situations n'est pas enseignée à l'IUFM...

 

3/ Etienne Anquetil (président de la puissante FNER)

> La FNER revendique une école à échelle enfant.

> Dans les classes, et dans l'école se côtoient des enfants d'âges très différents.

> Le travail en équipe est en réalité permanent : avec les parents, les acteurs locaux, etc.

> L'école rurale cherche à s'ouvrir sur l'extérieur parce qu'elle est isolée.

> On demande une formation initiale mais aussi continue, pour aider les enseignants sur le terrain.

débat

- « Mieux vaut un artisan heureux qu'un bac + 3 en galère », argument souvent entendu, pourrait aussi bien expliquer le choix de carrières courtes. Et même, 4 ½ % de demandes d'apprentissage, cela reste un pourcentage très faible !

- Les enseignants des classes rurales ne viennent plus du milieu rural.

- La "noria" des enseignants a de multiples facteurs : l'absence de formation spécifique, des enseignants qui rentrent dans le métier plus âgés, donc davantage "installés" et très souvent en milieu urbain, recherche d'un certain "confort" (le militantisme de l'enseignant rural existe toujours, mais il est marginal) : on évite les secteurs difficiles (zones sensibles et rural profond)...

- C'est pourquoi

            1/ les maires doivent favoriser l'accueil des enseignants (logements, conditions matérielles dans les écoles) ;

            2/ les zones rurales doivent bénéficier d'une discrimination positive (comme en ZEP).

- L'existence d'un réseau dans les Vosges, a stabilisé les enseignants.

- En médecine aussi, on ne sait plus former des médecins généralistes. Pareil pour la pédagogie...

- Pas d'accord (réponse d'un maire médecin), la formation des médecins généralistes est de plus haut niveau qu'avant**.

- Les subventions "Ministère Jeunesse et Sport" ont disparu (avec la disparition de ce ministère)

- L'origine géographique certes, mais surtout sociale des nouveaux enseignants, les éloigne du milieu rural.

 

4/ Yves Ménager (président des maires ruraux du Loir-et-Cher) :

> Actuellement, aucun consensus sur la question de la scolarisation des « moins de 3 ans » (et non pas des « 2 ans ») : les spécialistes ne sont pas d'accord entre eux.

> Milieu rural = souvent pas de crèche, pas de halte-garderie, donc besoin d'école ! Accueil des tout-petits en baisse depuis 2001. Maternelle = "variable d'ajustement" de la carte scolaire.

> Arguments de l'Administration :

            1/ Juridique : pas d'obligation d'accueil.

            2/ Pédagogique : l'école maternelle n'est qu'une garderie.

            3/ Médical : pas d'enfant à l'école de façon trop précoce.

> Au contraire l'école dès 2 ans favorise la réduction des inégalités... comme en ZEP.

débat

- Que le gouvernement n'abandonne pas aux communes les enfants d'âge "maternelle".

- Travailler le problème des transports.

- Certains IA n'hésitent pas à dire que l'école n'est obligatoire qu'à partir de 6 ans***.

- L'école, c'est aussi parce que c'est gratuit...

- Accroissement de la population des tout-petits.

- La révolte des élus sur les services publics => moratoire.

- Un IA a été débouté pour n'avoir pas respecté la forme.

- Schéma territorial = outil de concertation (étude d'impact, etc.)

- Aller vers une démarche contractuelle triennale.

- Équité de traitement g égalité de traitement de la part de l'État, mais en contrepartie, attractivité proposée par les communes.

- Frais, pollution ... ne plaide pas en faveur des regroupements.

- Ne plus scolariser les 2 ans n'encourage pas les maires à investir.

- Restructuration en concentrant partout et pas seulement dans l'Éducation Nationale.

- Le CDEN est inutile, puisque tous les ans tous ses membres votent contre le projet de carte scolaire de l'IA, et ce projet est néanmoins appliqué !

- Étude d'impact supprimée depuis le début de 2005.

 

*(Note du preneur de notes) Je pense à ceux qui disent depuis longtemps que l'École Rurale est souvent plus économe en personnes : plus de polyvalence, moins de spécialistes... et que cette économie-là n'est jamais prise en compte.

**(NDPDN) Dans l'enseignement aussi, les études sont "de plus haut niveau" pour les "généralistes" que devraient continuer à être les professeurs des écoles ; pour autant la formation au fonctionnement du système-classe et des interactions entre les personnes qui le constituent, est toujours aussi insuffisante...

***(NDPDN) Mais l'accueil doit être proposé partout, dès 5 ans, en section enfantine ; d'ailleurs, à 6 ans, ce n'est pas l'école mais l'enseignement qui est obligatoire.

 

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2ème partie : échange avec le Canada (visioconférence)

 

Les 3 intervenants nous ont parlé de l'enseignement concernant la communauté francophone - très minoritaire - des Provinces du Manitoba et du Saskatchewan.

 

> Éducation = chasse gardée des Provinces + mesures fédérales de protection de l'enseignement du français en tant que langue minoritaire.

> Forte proportion des élèves scolarisée en rural.

> Gestion des écoles par les parents ; les projets éducatifs communautaires, les projets techniques sont mis en oeuvre essentiellement pour éviter l'exode.

> Très grandes distances entre les écoles.

> Mais l'école ne peut pas faire seule le travail d'identification à la communauté...

> La plus petite école a 15 élèves du primaire (ramassage pour le secondaire).

> Toutes les autres écoles scolarisent les élèves de 5 à 18 ans, avec souvent une garderie intégrée à l'école pour les plus jeunes (< 5 ans).

> Regroupements (par exemple une journée tous les 15 jours) pour des enseignements techniques et autres ; cours en vidéoconférence et par Internet (plusieurs heures /semaine).

> Objectif : que le jeune reste dans sa communauté linguistique française.

> Évolutions récentes : davantage de services de santé et de périscolaire (plus seulement réservé aux anglophones, en application de la Charte des droits des communautés).

> Les résultats montrent une augmentation d'environ 2% par an des élèves de ces classes : la communauté francophone est donc optimiste.

> Le projet de ces écoles est avant tout une "réussite scolaire et identitaire" avec au final une participation à la vie de la communauté (francophone).

> Les financements, outre l'État fédéral et les provinces, proviennent aussi de différents partenariats (domaines techniques notamment) ; par ailleurs, des facilités sont accordées en raison des très grandes distances (matériel, etc.).

> La construction identitaire permet une meilleure réussite individuelle et sociale, et une ouverture de la communauté.

> Les francophones sont à présent fiers de l'être, mais aussi fiers d'être bilingues.

> Sauf exception, les écoles regroupent donc les enfants de 5 à 18 ans, avec très souvent une garderie intégrée à l'école pour les 2 à 5 ans.

> Le taux moyen d'encadrement est de 1 maître pour 10 élèves, mais si l'on compte tout le personnel "auxiliaire", animateurs culturels et autres intervenants, on est environ à 1 adulte pour 10 élèves...

> La pédagogie "multi âges" est généralisée, autour de projets communs.

> Il existe un matériel "pédago-communautaire", à partir des traditions orales.

> Il existe aussi des conseillers pédagogiques spécialisés dans le développement des pédagogies en milieu minoritaire et en petite école.

> La garderie pour les 2 à 5 ans est aussi un lieu de "refrancisation". Dans les autres écoles, il existe parfois une "prématernelle" pour les 3 et 4 ans, non financée par l'État, la maternelle étant réservée aux 5 ans.*

> Le fonctionnement de l'école est assez horizontal et consensuel : l'école est relativement autonome et responsable de sa gestion. Les parents élus mais aussi ceux qui représentent la communauté, font partie du Conseil d'École, lequel a le pouvoir de déterminer les valeurs qui doivent être développées à l'école (y compris religieuses).

> Une personne est charge du "marketing", de la promotion de l'école.

> On note cependant depuis peu, une augmentation de la réglementation.

 

*(NDPDN) si j'ai bien tout capté...


 

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