La Fédération Nationale pour l’École Rurale lance un appel national
POUR LE MAINTIEN DES PETITES ÉCOLES DE PROXIMITÉ
Depuis janvier 1999, le moratoire pour le maintien des écoles
en milieu rural n’existe plus. Aussi, les Inspecteurs
d’Académie recommencent, dans beaucoup de départements,
à considérer les petites écoles comme un
réservoir de postes à récupérer.
Pourtant, la lettre de Ségolène Royal, parue fin 1998
appelait à revoir la politique de regroupement systématique,
mais cette orientation n’a pas eu de suite.
Les plus petites
écoles sont directement menacées, pour des raisons
budgétaires, mais aussi idéologiques : une bonne partie
de l’Institution est persuadée qu’il n’y a
d’avenir que dans la grosse école du canton.
Avec
d’autres, nous argumentons depuis des années pour
convaincre des bienfaits de la petite école. Aujourd’hui
c’est la disparition pure et simple des plus petites structures
scolaires, mais aussi de certains regroupements pédagogiques
dispersés qui semble programmée.
Alors, non ! Nous n'accepterons pas que soit réduit à néant l’effort de tous ceux qui œuvrent pour une école de proximité, une école à " échelle enfant ".
- Au nom de l'égalité du droit à une école de proximité pour tous les enfants,
- Au nom de la non-violence scolaire,
- Au nom de la diversité et de l'innovation pédagogiques,
- Au nom des pratiques de coopération,
- Au nom de l'équilibre des territoires et du respect de leur diversité,
- Au nom des relations humaines dans et autour de l'école,
nous exigeons que la question nationale du maintien de ces écoles, de leurs liens avec les territoires, fasse l'objet de choix politiques effectués avec des arguments sérieux, évitant la courte vue ("récupérer" un poste...), la démagogie (le pôle scolaire moderne...), voire le mensonge (les élèves de classe unique sont sacrifiés).
Nous dénonçons les décalages considérables
entre les déclarations du Ministère (circulaire de
Ségolène Royal de décembre 98, rapport Lebossé…)
et leur mise en application, tels que :
- préconiser
la création de réseaux tout en mettant à mal
certains de ceux qui existent déjà ;
- préconiser
"la plus large concertation", et fermer une école en
mettant élus, parents, enseignants devant le fait accompli...
Nous demandons à pouvoir poursuivre les projets en
cours, durables parce que de qualité.
Nous demandons
à ce que soient reconnues dans les faits et pas seulement dans
les mots, les spécificités des écoles rurales,
sans que cela se traduise par une opposition écoles rurales /
écoles urbaines.
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L'appel commence à circuler. Déjà, à ce jour, plus de 2 700 personnes le soutiennent, parmi lesquelles :
Noël MAMÈRE (député), Nicole GENEIX (Secrétaire Générale du SNUIPP), Hervé BARO (Secrétaire Général du SE-FEN), José BOVÉ et François DUFOUR (Confédération Paysanne), Léonce DEPREZ (député, conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais), André GÉRIN (député-maire de Vénissieux, Rhône), Didier QUENTIN (député, vice-président du Conseil Général de Charente-Maritime), M. GAILLARD (sénateur, Aube), Arnaud HELL (Conseiller régional de Bretagne)...
S'y ajoutent beaucoup de parents, d'enseignants, d'élus, d'amis de l'école (des éducateurs, des DDEN, des membres d'associations et de syndicats), certaines sections départementales du SNUIPP, certains conseils municipaux...) répartis dans plus de 70 départements :
Ain : 17 ; Aisne : 3 ; Allier : 108 ; Alpes de Hte-Provence : 2 ; Alpes Maritimes : 9 ; Ardèche : 18 ; Ardennes : 2 ; Aube : 71 ; Aude : 4 ; Aveyron : 19 ; Bouches-du-Rhône : 2 ; Calvados : 2 ; Cantal : 15 ; Charente : 3 ; Charente-Maritime : 1 ; Cher : 3 ; Corrèze : 4 ; Côte d'Or : 3 ; Creuse : 4 ; Dordogne : 34 ; Doubs : 170 ; Drôme : 55 ; Eure : 37 ; Finistère : 156 ; Gard : 103 ; Haute-Garonne : 5 ; Gers : 1 ; Gironde : 58 ; Hérault : 13 ; Ille-et-Vilaine : 1 ; Indre : 247 ; Indre-et-Loire : 136 ; Isère : 46 ; Jura : 4 ; Loir-et-Cher : 75 ; Loire : 296 ; Loire-Atlantique : 2 ; Loiret : 2 ; Lot : 117 ; Lot-et-Garonne : 1 ; Maine-et-Loire : 3 ; Manche : 50 ; Mayenne : 46 ; Meurthe-et-Moselle : 77 ; Meuse : 16 ; Morbihan : 155 ; Moselle : 4 ; Oise : 3 ; Orne : 3 ; Nord : 10 ; Pas-de-Calais : 2 ; Puy-de-Dôme : 42 ; Pyrénées-Atlantiques : 38 ; Haut-Rhin : 1 ; Rhône : 7 ; Haute-Saône : 5 ; Saône-et-Loire : 39 ; Sarthe : 7 ; Paris : 21 ; Seine-Maritime : 42 ; Seine-et-Marne : 2 ; Yvelines : 1 ; Deux-Sèvres : 3 ; Tarn : 6 ; Tarn-et-Garonne : 1 ; Var : 2 ; Vaucluse : 4 ; Vendée : 1 ; Vienne : 114 ; Haute-Vienne : 2 ; Vosges : 3 ; Yonne : 1 ; Territoire de Belfort : 3 ; Essonne : 135 ; Hauts-de-Seine : 2 ; Val-de-Marne : 2 ; Val d'Oise : 2 ; TOTAL : 2706 (au 10/08/2001)
À signer, à diffuser ... À signer, à diffuser ... À signer, à diffuser ... À signer, à diffuser ... À signer, à diffuser ...
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Nom |
Qualité (parent, élu, enseignant, autre) |
adresse (précise, pour contact éventuel) + email (facultatif)
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signature |
A envoyer à : Michel Baron, 14, rte de Pontlevoy 41400 Vallières les Grandes.
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L’école rurale : une école d’avenir et de qualité.
Arguments d’ordre pédagogique :
Depuis 10
ans, de nombreux travaux, dont ceux du ministère lui-même,
(en particulier ceux de F. Œuvrard) montrent que les enfants
réussissent aussi bien voire mieux qu'ailleurs dans les
classes à plusieurs niveaux.
Ces écoles peuvent être
des lieux d’innovation pédagogique. De nombreux réseaux
de ressources (télématique ou autre) existent, qui
évitent les regroupements, donc les problèmes de
transport (coût, fatigue, sécurité, perte de
temps) et les inconvénients des grosses structures (notamment
les phénomènes de violence…).
Ces écoles,
globalement aussi bien équipées que les autres, et
parfois même beaucoup plus, disposent souvent d'espace et
chaque enfant peut ainsi réellement utiliser les outils qui
sont à sa disposition.
Le mélange des âges,
aussi avantageux pour les petits ("tirés" vers le
haut) que pour les grands (responsabilisés), favorise la
coopération plutôt que la compétition, et permet
en outre un véritable travail dans la durée (moins de
stress).
Dans ces écoles, les enfants et les enseignants ne
sont pas différents d’ailleurs. Ce sont les conditions
(taille, espace, équipement, hétérogénéité,
nombre d’enfants par classe…) qui diffèrent et
qui permettent à ces écoles de ne pas être le
lieu d'un échec scolaire massif ou de violences continuelles
et insupportables. Ne supprimons pas ces conditions : à
l'heure où les grosses structures se révèlent
pour la plupart invivables, où il est question de les réduire,
il serait inconséquent et irrationnel de détruire ce
qui marche !
Arguments d’ordre économique : réalité
des coûts.
- La question du coût élevé
de ces écoles ne tient pas. Les travaux d’A. Mingat, de
l’I.R.E.D.U. de Dijon ont montré que les petites
structures scolaires ne coûtent pas davantage à la
collectivité, tous frais confondus : un enseignant pour 15
élèves, ça ne coûte pas plus cher que,
lors d'un regroupement, un enseignant pour 25 + le ramassage
scolaire. Il s’agit dans cet exemple d’un transfert de
charges vers le conseil général qui finance alors
l'essentiel des frais de transport.
- Une fois les écoles
regroupées, les frais de scolarisation demandés aux
communes qui n'ont plus d'école dépassent largement les
frais d’entretien et de fonctionnement d’une école,
pour un service qui n’est plus de proximité. Il s’agit
donc bien d’un choix politique. Sans compter que
l'Administration en profite pour globaliser les effectifs à
l’échelle des regroupements pédagogiques,
"justifiant" ainsi des fermetures de poste.
Arguments d’ordre sociologique : des écoles lieux
de socialisation et de citoyenneté.
À l'école,
le fonctionnement en petits groupes facilite et favorise les
relations de proximité entre les enfants et les adultes
(enseignants, parents, élus)… Les travaux d’Agnès
Brizard montrent que les élèves issus des écoles
rurales sont plus autonomes et sont, plus souvent que d’autres,
choisis pour être délégués de classe au
collège.
L'école du village est un lieu de rencontre
et de vie du village : on discute de l'école et du reste,
autour de l'école...
La plupart des communes rurales
connaissent une recomposition sociale importante où de
nombreuses initiatives de développement local existent. Les
nouveaux arrivants - comme les autres - doivent pouvoir faire le
choix d’un service public de proximité et de qualité.
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Alors pourquoi condamner ces écoles sous prétexte
qu'elles ne ressemblent pas assez au modèle des écoles
urbaines ?
Pourquoi faire partir des enseignants qui y ont trouvé
des formes d'enseignement adaptées, et qui s'y plaisent ?
Et
pourquoi en chasser les enfants et les condamner à des
"ramassages" parfois longs et fatigants ?
Pourquoi aussi
décourager les élus à investir dans l'école,
avec cette épée de Damoclès (la carte scolaire
annuelle) suspendue au-dessus de leur tête ?
Soyons clairs :
la FNER a toujours considéré que certaines écoles
étaient indéfendables, celles où il n'y avait
pas un minimum de collaboration et d'investissement des élus,
des enseignants et des parents : de véritables mouroirs
pédagogiques ! Et c'est parce que nous savons que de telles
écoles existent que nous nous efforçons de mettre en
avant de vraies écoles rurales modernes, telles qu'il en
existe aussi, là où des parents cherchent à
inscrire leurs enfants PAR CHOIX, là où des élus
ont consenti de gros investissements en locaux et en matériel,
là où des enseignants ont trouvé que le suivi
des enfants et de leurs apprentissages était plus facile, que
l'entraide coopérative, la vraie communication, étaient
plus aisées à mettre en place...
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