Questions et réponses sur le multi-âge à l'école

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Généralités - Liens pour approfondir - Questions/réponses - témoignages (à venir)


Quelques généralités


I – Le Constat : un système bénéfique pour les enfants

« Résultats identiques voire légèrement supérieurs », « résultats nettement supérieurs à niveau socio-professionnel égal », « écarts statistiquement significatifs et quantitativement substantiels  », parfois supérieurs à 5%, toutes les études dignes de foi (Direction de l'Evaluation, de la Prospective et de la Performance, Institut de Recherche sur l’Education - Sociologie et Economie de l’Education, Observatoire Education et Territoires...), montrent régulièrement depuis une vingtaine d'années que les élèves des classes à plusieurs cours – et parfois davantage encore ceux de classes uniques – ont de meilleurs résultats scolaires, redoublent moins et s'intègrent mieux au collège que la moyenne.
Toutes choses égales par ailleurs, le système se révèle donc plus performant !


II – Les raisons profondes de cette meilleure réussite

Elles sont difficiles à cerner car souvent imbriquées les unes dans les autres (une classe est un système interactif bien avant d'être une succession de paramètres). On peut néanmoins identifier quelques invariants :
    1/ L'autonomie : plus les élèves sont d'âges différents, moins l'enseignant peut s'adresser à eux collectivement, ainsi très tôt s'habituent-ils à travailler sans le maître.
    2/ L'entraide : les différences d'âges induisent des comportements coopératifs, les grands aident les plus petits, soit directement, soit plus encore par effet de « modèles à suivre », et rétroactivement, les petits aident les grands à se voir grandir => climat de confiance, moins de compétition, de situations conflictuelles.
    3/ La pédagogie : par nécessité, les interventions magistrales sont réduites, l'enseignant est incité à pratiquer une pédagogie « sur mesure ».
    4/ Le temps : la continuité pluriannuelle permet d'étaler les apprentissages, diminue le stress, tant pour les enfants que pour les parents et les enseignants, et favorise une meilleure inter-connaissance de tous...
On peut ajouter des éléments propres aux petites structures scolaires au sein desquelles on trouve la grande majorité des classes multi-âges :
    5/ L'espace : assez souvent, les petites écoles rurales disposent de plus d'espace par rapport au nombre d'élèves, espaces souvent mieux investis (élèves plus autonomes, choix pédagogique...).
    6/ Le nombre : des effectifs à taille humaine permettent de nouer des relations durables à tous les niveaux.
    7/ Les parents : ils s'investissent en moyenne nettement plus dans ces écoles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.


III – Les freins

Pourquoi alors tant de résistances ? D'où viennent-elles ?
    1/ Un frein conceptuel : difficile d'imaginer – tant qu'on n'y a pas été confronté pendant une assez longue durée – que les enfants puissent apprendre correctement quand les niveaux sont si différents, tant la conception linéaire et verticale des apprentissages est dominante. Cette apparence de moindre rationalité entraîne de la méfiance, de la peur, des phénomènes d'évitement (la classe à plusieurs cours, par défaut et le moins possible), mais aussi...
    2/ Une formation professionnelle quasi inexistante sur la question.
    3/ Une Administration qui cherche à dénigrer ces classes hors normes à bien des égards, préférant des classes qui correspondent aux textes plutôt que le contraire, et en profitant pour en fermer un maximum (les textes officiels étant écrits par des personnes qui ignorent ou préfèrent ignorer les spécificités de ces classes).
    4/ Des contre-exemples, comme partout, mais plus visibles dans les petites structures.
    5/ Des enseignants majoritairement hostiles : formation, Administration, mais aussi crainte de s'exposer, de gérer sur plusieurs années, de vivre dans un lieu isolé (réellement ou vu comme tel...).

Et pourtant, elles tournent (ces classes-là) !

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Pour approfondir : liens vers des documents, des sites, des travaux...


Débuter en classe unique (Bernard Collot) => http://b.collot.pagesperso-orange.fr/b.collot/pratique/clasunidebut.htm,
avec de nombreux autres liens vers des écrits du même auteur. Voir aussi http://ecole-rurale.marelle.org/multiage.pdf

Le multiâge vu du Québec. Incontournable ! => http://www.latrottinettecarottee.com/theme_multiage.php,
en particulier http://www.latrottinettecarottee.com/upload/UserFiles/File/L%20J-M%20%20Multiage.pdf

Pourquoi et comment ça marche => http://ecole-rurale.marelle.org/Plaidoyer.pdf

Le multiâge aussi en ville
    - Sylvain Connac et son école de ZEP à Montpellier => http://ecole-rurale.marelle.org/Marcq.htm#m5
    - Des écoles en Val d'Oise : http://www.multiage.fr/

... Et en maternelle => http://ecole-rurale.marelle.org/Multi-age-maternelle.pdf

Plusieurs articles du "Café Pédagogique" =>  http://www.cafepedagogique.net/ (tapez "multiâge" dans l'encadré "rechercher sur le site")

Extraits d'un fameux rapport de la DEP => http://ecole.et.territoire.assoc.pagespro-orange.fr/Extraits%20du%20Rapport%20de%20Fran%E7oise%20OEUVRARD.html

Rapport Mingat/Ogier (résumé par l'AMRF) => http://www.amrf.fr/Portals/0/AG et congres/FIresumrapmingat93.pdf

Autres liens sur "Ecole de Proximité"/CDPEPP => http://ecoledeproximite.lautre.net/multiage.htm

Enseigner en classe multi-âge : faites-vous aider par des pairs, aidez-les (par vos tâtonnements) => http://marelle.org/

Des outils adaptés, nés et validés en classe => http://www.pemf.fr/

Observatoire Éducation et Territoires (ex Observatoire de l'École Rurale) => http://www.grenoble.iufm.fr/rural
Voir aussi ci-dessous

Institut de Recherche sur l'Education : Sociologie et Economie de l'Education => http://iredu.u-bourgogne.fr/
Voir aussi ici = > http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n28a3.html


Pierre Champollion, Président de l’Observatoire Education et Territoires

DE QUELQUES ELEMENTS INTRODUCTIFS (extraits)

L’école rurale et montagnarde, en France, a développé pour faire face aux défis et aux contraintes de l’enclavement géographique, de l’isolement culturel et du déclin démographique des formes originales de scolarisation. Classes uniques, classes à plusieurs cours, partenariats et réseaux, utilisation didactique du territoire environnant, pédagogie différenciée, tutorat des « petits » par les « grands », posture accompagnatrice de l’enseignant, etc. en constituent les traits caractéristiques essentiels en matière d’organisation scolaire, de didactique et de pédagogie.
Ces adaptations scolaires sont aujourd’hui de plus en plus reconnues, appréciées et mises en oeuvre en dehors du contexte rural et montagnard dans lesquelles elles sont nées...
L’école rurale et montagnarde française n’est pas une école au rabais. Différents travaux scientifiques, conduits depuis les années 1980 par la Direction de l’Evaluation et de la Prospective (DEP), par l’Institut de Recherche en Education (IREDU), notamment, l’attestent. Les recherches de l’Observatoire de l’Ecole Rurale – Observatoire Education et Territoires (OER-OET) et les travaux du service statistique rectoral de l’académie de Clermont-Ferrand ont récemment, au début des années 2000, largement confirmé les travaux antérieurs susmentionnés. Les résultats des élèves ruraux et montagnards aux évaluations nationales 6ème de Mathématiques et de Français sont légèrement supérieurs aux résultats moyens nationaux. De même, les taux d’élèves en retard au CM2 sont, dans le rural en général (18%) et, singulièrement, dans le rural isolé (17%) ou dans la zone de montagne (16%), significativement inférieurs à la moyenne nationale (19%). Qui plus est, ces bons résultats ne s’érodent pas complètement au collège... [...]
(Note d’intervention dans le cadre du débat « Les atouts de l’école en milieu rural », 27 juin 2009 à Limoges, organisé par le CDPEPP)



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FAQ


1/ Q. : Je suis parent, mon enfant a 5 ans et je crains qu'en récréation, les plus grands s'en prennent à lui. Pourrait-on séparer les récréations entre petits et grands ?
R. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il y a davantage d'entraide, de jeux communs, ou bien d'ignorance réciproque que de conflits, et quand il y a conflit, c'est presque toujours entre enfants du même âge. S'en prendre à un plus petit est au contraire beaucoup plus rare et considéré comme tabou...

2/ Q. : Je suis parent et j'ai peur que mon enfant de CM1 perde son temps avec des plus petits, qui vont freiner le rythme de la classe.
R. Bien sûr, l'enseignant passera peu de temps avec votre enfant, par contre ce temps aura une efficacité maximum car ce sera en aide individuelle ou dans le cadre d'un petit groupe. D'autre part, sans l'enseignant constamment sur son dos, l'enfant développera ses capacités d'autonomie, qui lui seront utiles toute sa vie. Il pourra ainsi davantage prendre confiance en lui, de même quand il lui arrivera d'aider un plus petit (outre que c'est une excellente occasion de se réapproprier ses propres savoirs, que de les expliquer à d'autres).

3/ Q. : Je suis parent et je me demande si mon enfant aura assez de copains dans cette toute petite école.
R. Il en aura peut-être moins que dans une grosse structure (ce qui reste à démontrer car beaucoup d'élèves ne font pas nécessairement beaucoup de copains), mais il pourra développer des relations durables et surtout avec d'autres qui n'ont pas son âge, ce qui du coup augmente les possibilités de choix.

4/ Q. : Je suis enseignant et je me demande comment faire si un élève pose problème alors que je vais devoir le garder plusieurs années.
R. Le simple fait de savoir que ce qu'on va faire doit être durable oblige à s'orienter vers de meilleures solutions. L'hétérogénéité des degrés de maturité du groupe classe va aussi y contribuer. Quelquefois, le changement de "position" dans le groupe sera bénéfique (passage du "statut" de petit à celui de plus grand).

5/ Q. : Je suis enseignant et j'ai peur de passer mes jours et mes nuits à préparer la classe.
R.


(à suivre)