Après-midi "ÉCOLE RURALE"
du 15/10/2011 à MARLHES (Loire)

1 - ASSEMBLEE GENERALE de la FNER

17 présents

1/ Rapport d'activités (voir détails sur le site – http://ecole-rurale.marelle.org)
- Courriers aux ministres sur la formation professionnelle, demandant une vraie formation aux spécificités géographiques, relationnelles et pédagogiques de l'enseignement en milieu rural...
- Rencontre avec le MRJC 01/12/10 : présentation réciproque des personnes et des associations ; participation souhaitée de la FNER au lancement d'un kit « écoles d'ici » (fiches pédagogiques) à destination des enseignants.
- Participation à la réunion en Lozère (février 2011) sur « l'Éducation en milieu rural », notamment autour de 13 leviers pour la qualité de l'éducation en milieu rural
- Soutien aux enseignants résistants : résistance pédagogique, résistance à Base-Élèves...
- Partenariat avec l'AMRF : élargissement réciproques de nos contacts.

2/ Rapport financier
- Irrégularité des adhésions selon les années. Proposition de fournir un RIB pour une
adhésion plus rapide ?
- État des comptes année civile2011 : 1709 euros à ce jour (mais l'année n'est pas finie).
Les recettes sont celles des adhérents, les dépenses sont essentiellement liées au remboursement de quelques déplacements, aux frais de photocopie et de courrier + assurance de la FNER (MAIF).

3/ Renouvellement/élargissement du bureau : pas de candidature, donc l'actuel bureau est reconduit.

4/ Situation actuelle des écoles rurales => peu d'infos, même sur la liste de diffusion.
- Nouveaux contacts : essentiellement autour du collectif Écoles en Campagne du Mt Pilat.
- Comment être plus efficace pour joindre de nouvelles écoles, de nouvelles communes ? Sur un territoire, les problèmes des écoles rurales touchent aussi les écoles urbaines. Ex. : fermeture en rural => transfert d'enfants vers de plus grosses écoles d'où impacts sur le nb d'élèves /classe, mais aussi par rapport aux capacités d’accueil : locaux, transports, cantine... D'où l'idée de réunir urbains et ruraux pour une autre politique scolaire. Cette solidarité nécessaire est toutefois difficile (pb de coordination...).

5/ Défense des libertés à fondement éthique : fichage généralisé à travers "base-élèves" et les "évaluations" nationales, soutien aux résistants... Le point a été fait, notamment avec un des résistants présent (muté d'office)

6/ Échéances électorales :
- Texte commun avec d’autres, notamment à partir d'une proposition des CREPSC. Le texte et diverses propositions de modifications ont été distribués. En première lecture, l'ensemble (notamment la forme) ne convient à personne. Trop dense, trop de questionnement, pas assez d’affirmations, crainte d'un rejet plutôt que de réponses (des) politiques.
Il est proposé de revenir dessus et de dégager 4-5 points importants, sous un format modifié.
Ou alors, texte FNER seul ? Voir ici.
- Actualiser notre 4 pages Un véritable projet pour l'école en milieu rural : l'ensemble est toujours d'actualité, mais quelques détails doivent être modifiés, ce qui concerne les IUFM et les parcours de formation entre autres. Voir .

7/ Fête des écoles rurales (juillet 2012) : il s'agit de réunir des acteurs de l'école mais aussi des acteurs de la vie rurale locale, notamment à travers l'artisanat et la culture. Lieu proposé : Jabreilles-les-Bordes (Limousin). Une réunion de préparation aura lieu si possible avant fin décembre.

8/ Questions diverses
- Terminologie : « rural », « école rurale » : au-delà de la définition INSEE, on est revenu sur ces concepts et leurs limites (à partir d'un questionnement des « nouveaux » présents à l'AG).
- Remerciements aux personnes du collectif qui nous ont accueillis pour cette AG.
Le 2ème « temps fort » du collectif, prévu pour le 4 février 2012, sera orienté autour de la relation de l'école et du (des) territoire(s). La FNER sera partenaire, et propose un intervenant (Yves Jean ou ?).

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2 - RÉUNION ORGANISÉE PAR LE COLLECTIF "ÉCOLES EN CAMPAGNE"
SUR LE THÈME DES CLASSES À PLUSIEURS NIVEAUX



Témoignages

1- Intervention d'un enseignant de St-Étienne

École maternelle à 4 classes, chaque classe comporte 4 niveaux depuis quelques temps. Enseigne depuis 18 ans dans cette école => bonne connaissance du milieu (milieu urbain très défavorisé). Le plus difficile a été de convaincre les parents de la pertinence des classes multi-niveaux. Travail d’équipe rendu difficile par l'absence totale d'aide de l'Administration. Les tutorats mis en place se sont révélés favorables dans les domaines langagiers et moteurs. La prise en charge des plus petits est facilitée => L'expérience va continuer, puisqu'elle est profitable aux plus grands comme aux plus petits.

2- Intervention d'une professeure de français de collège (secteur du Pilat)
A remarqué que les « ruraux » se repéraient beaucoup plus vite dans le collège, et savaient plus rapidement s'organiser (plus d'autonomie, plus d'esprit d'initiative) ; qu'ils aimaient le travail à 2 et en groupe, les échanges, qu'ils savaient davantage écouter, s'écouter, confronter, transmettre, expliquer, reformuler, aider => souvent moteurs dans les groupes. Ce sont aussi des élèves qui craignent moins les adultes et qui nouent facilement des liens sociaux avec les autres.
Globalement, ils ont de bonnes compétences, et sont souvent dans la reformulation...

3- Intervention d'une parente d'élèves
- Ses 2 enfants qui étaient passés par la classe unique se sont mis très vite au travail (arrivés au collège), alors que les aînés qui ne sont pas allés en école rurale, ont eu beaucoup plus de mal.
-coéducation maître/parent/enfant facilitée en petite structure.
- Vie en société favorisée en classes rurale => un grand respect du matériel acheté, mais aussi un meilleur vivre ensemble, notamment entre grands et petits.


Intervention de Philippe Meirieu

Il revient sur la notion de « classe » : historiquement, la classe à un cours est une invention plutôt récente (150 ans), d'autres modèles ont prévalu à d'autres époques : tutorat, monitorat p. ex.
Les classes multiniveaux sont à présent marginalisées, alors qu'on pourrait les considérer comme un système précurseur...
En effet, 57 études à travers le monde portant sur des « cohortes » d'enfants suivis sur au moins 10 ans, montrent dans 91% des cas que les classes multiâges s'accompagnent d'une meilleure réussite scolaire !
Les classes homogènes fonctionnent en éjectant tous ceux qui ne sont pas conformes à la norme, pour les traiter ailleurs dans l'école et ailleurs de l'école. L'individualisation du « traitement », des « remèdes » aboutit à une fragmentation de plus en plus marquée de la pédagogie, alors qu'une pédagogie plus collective permet de mieux connaître les élèves et donc de mieux s'adapter à chacun.
La classe doit rester un collectif structurant dans lequel on doit développer l'activité centripète, un lieu où le faire ensemble et de façon coopérative doit l'emporter sur le vivre ensemble. Elle est instituante (instituer, c'est faire tenir debout ensemble).
L'école est ainsi là pour organiser le travail et partager la culture. Philippe Meirieu propose un slogan : « Et si on travaillait vraiment en classe ? »
Pour finir, il est évident qu'une solide formation est indispensable pour que ces classes hétérogènes ne demeurent pas marginales.