Compte-rendu débat du 20 septembre 2012 à Blois,
sur la refondation de l'École de la République


Le rapporteur officieux, Michel BARON


Environ 70 à 80 présents : le Préfet, la DASDEN* (ex. IA), un DASDEN adjoint, le directeur du site IUFM de Blois, des IEN, des élus, des enseignants, des conseillers pédagogiques, des représentants syndicaux, des parents d'élèves, des députés, et même un représentant de la FNER**, viendront débattre au sein d'un CDEN "élargi". Sans oublier le journaliste promu animateur de ce débat.

Deux thèmes étaient proposés :
    - Ruralité et numérique (désenclavement de l'école rurale par l'utilisation des TICE)
    - La formation des professeurs : pour une véritable formation initiale et continue des enseignants

* Tous les sigles sont détaillés sur cette page.
** De vieilles connaissances du SNUIPP-41 ont proposé que je sois invité à ce débat en tant que PE à la retraite mais aussi secrétaire de la FNER, proposition que j'ai acceptée.

****************************************

Présentation rapide des uns par les autres et remerciements d'usage.

1- Ruralité et numérique

Le DASDEN adjoint brosse un tableau style « tout est prévu » des différents dispositifs actuels : actions de formations, animations pédagogiques, aides diverses déployées par les animateurs et ambassadeurs TICE...

Il est toutefois rappelé dans l'assistance que les besoins et demandes de formation et de matériel sont énormes : ainsi, à l'échelon national, 97% des enseignants pensent que l'utilisation des TICE est nécessaire, mais 21% seulement sont "pratiquants" (une fois ou plus par semaine). Par ailleurs, 5,5% des élèves utilisent des ordinateurs de moins de 5 ans.

Une carte du département montre bien les inégalités d'équipement des communes.
Le plan ENR a concerné 52 écoles du département, presque toutes situées dans des communes de plus de 1000 habitants (mais en dessous de 2000 hab., le maximum autorisé pour ce plan), ce qui pose question...
D'autres communes sont bien dotées : moyens propres, dotations parlementaires. Cette dernière forme de financement, qui concerne ici la circonscription de Romorantin, a fait débat (financement aléatoire, inégalité entre circonscriptions)... Curieusement cependant, les inégalités de financement des collectivités territoriales, entre autres communales, n'ont pas été évoquées, et pourtant...

Le représentant de l'AMRF revient sur le plan ENR : D'assez nombreuses demandes n'ont pas été satisfaites. Par ailleurs, on souligne dans l'assistance que les plus petites communes ont souvent reculé pour monter un dossier, au vu de la complexité et de la lourdeur de la procédure.

Un directeur d'école s'enthousiasme pour le TBI comme outil de présentation (usage du diaporama, accès Internet partagé par la classe...) et pour la "classe mobile", qui permet le travail en autonomie. Il ne sera pas dit un mot des aspects liés à la communication...

Une inspectrice spécialisée dans les TICE nous a présenté le plan "DUNE" (Développement des Usages du Numérique à l'École). Elle dit qu'il faut du temps aux enseignants pour les accompagner dans l'appropriation des ressources et de ce qu'on peut en faire, que les TICE donnent de très bons résultats dans les CLIS, et que d'une manière générale, il faut s'appuyer sur les pratiques des uns et des autres ; d'ailleurs, elle essaye de mettre en lien des gens qui peuvent s'aider, se compléter, etc...

Une représentante FCPE demande d'éviter la fracture numérique par un équipement égal sur le territoire et par une formation aux TICE pour tous. Par ailleurs, la FCPE est très attentive à la protection des données.

Un principal de collège constate que même dans des milieux modestes l'équipement familial en ordinateurs a fait un bond ces dernières années (environ 90% contre 50% il y a 5 ans).
Il demande une clarification des rôles de chacun de ceux qui interviennent autour de l'outil informatique et notamment ceux chargés de la maintenance, qui est une donnée très mal prise en compte la plupart du temps. Maintenance, le mot est lâché, le débat s'anime...

L'UNSA revient sur ce problème de maintenance.

Plusieurs personnes enfoncent le clou et se plaignent des multiples problèmes techniques rencontrés au quotidien...

Le SNUIPP/FSU demande un cahier des charges d'équipement minimal des écoles, avec péréquation pour permettre un équipement dans toutes les écoles.

Un formateur explique que les batteries des ordinateurs des "classes mobiles" ne tiennent pas longtemps, les postes sont alors souvent employés en "fixe". Il confirme que les enseignants qui hésitent à se lancer, c'est principalement à cause des problèmes de maintenance.

Un DDEN explique que les petites communes hésitent à engager des sommes importantes pour la maintenance.

Le directeur de l'IUFM prend acte des avantages procurés par les TICE, mais souhaiterait qu'on procède à une analyse critique des usages du numérique, qui tienne aussi compte de ce que le numérique ne peut pas faire...

Le responsable du CDDP dit qu'à son avis on est encore à un point de démarrage, et qu'il faut davantage laisser les élèves et les enseignants découvrir les outils avant de les enfermer dans des solutions toutes faites.

Un professeur revient à nouveau sur la maintenance insuffisante.

Le député de Romorantin explique que la dotation parlementaire (150 000 €/an/député), ce n'est pas un cadeau, c'est de l'argent de l'État.

Un animateur TICE en école privée prône l'usage des tablettes et livres numériques, ne serait-ce que pour rendre les cartables moins lourds...

Le responsable du CDDP confirme tout l'intérêt du numérique pour le désenclavement des écoles rurales.

FNER : Une vraie réflexion sur le numérique est indispensable, afin de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, ainsi les équipements ne doivent pas être pensés seulement pour la classe entière (TBI) mais aussi pour le travail en petits groupes, pour la communication et le partage avec d'autres (au sein de la classe ou avec l'extérieur, etc.) et d'une façon générale répondre à des demandes personnalisées et adaptées à leurs usagers. Cela implique aussi des effectifs réduits...

La représentante FCPE : les TICE facilitent grandement l'enseignement à distance.

L'inspectrice TICE évoque les visioconférences qui permettent de « se voir » malgré les distances (cf. Canada). Elle insiste sur le transfert d'expériences innovantes qui donne de meilleurs résultats que l'application de plans préconçus.

Un intervenant note l'intérêt des TICE en rural pour les enfants handicapés, ainsi que pour les options (lycées).

Une enseignante formatrice de maternelle rappelle que les outils informatiques ne dispensent pas de la présence humaine et sont à intégrer dans une vision globale de l'enseignement.


2/ La formation des professeurs

Le DASDEN adjoint explique comment se passe (sur le papier) la formation aujourd'hui...

Un représentant du SNES explique : refonder, c'est partir de la vraie situation d'aujourd'hui d'une formation quasi nulle. Demande de ne pas baisser le niveau de recrutement, de programmer sur le long terme une formation initiale longue, une entrée progressive dans le métier et la possibilité d'une formation continue d'un an pour 10 ans d'enseignement.

Un représentant du SGEN demande une formation avec tronc commun primaire/secondaire, et un temps de formation initiale universitaire + professionnelle de 5 ans.

Le directeur de l'IUFM pointe les dysfonctionnements auxquels il faut remédier en priorité :

    (il n'a pas pu développer car on lui a fait comprendre que son temps de parole était épuisé...)

Un maître-formateur revient sur la nécessité de former à la globalité de l'enseignement.

Un PE stagiaire confirme à sa façon : il y a tout à faire, tout à gérer à la rentrée, avec comme bagage 5 jours de formation...

La représentante FCPE insiste notamment sur la formation en alternance, et sur la diversité des approches pédagogiques qui doivent être enseignées (par exemple Freinet)

FNER : demande une formation de qualité (suffisamment longue) qui puisse s'appuyer sur des pratiques véritables, auprès de pairs, de maîtres-formateurs exerçant en milieu rural, de maîtres expérimentés (doublettes « jeunes/vieux » par ex.) ; insiste sur les bénéfices qu'on peut tirer d'une complémentarité entre les pratiques pédagogiques (exemple rural/urbain).

Au SNUIPP on demande d'aller au-delà des intentions : rien que pour assurer ce qui est prévu aujourd'hui pour la formation continue, il faudrait le double des enseignants.

L'inspectrice TICE demande que soient reconnus et encouragés, à côté de la formation officielle, tous les aspects informels de la formation, et que cette formation soit faite en rapport avec le réel, que la mise en réseau, en relation, que le « travailler ensemble » soient des priorités, pour arriver à ce qu'on appelle des « espaces collaboratifs de travail ».