Rencontre
d'Aigueperse - 16/03/2013
La Fédération Nationale pour l’École Rurale a organisé une rencontre à Aigueperse (Puy-de-Dôme), le samedi 16 Mars 2013. réunissant ainsi une quinzaine de participants.
En
matinée, le thème école rurale : travailler ensemble,
a permis de découvrir le «
Réseau Lumière » qui concerne l’école d’Aigueperse et les écoles
voisines. Quatre personnes impliquées dans ce réseau en ont assuré la
présentation : deux enseignants d'écoles rurales (classe unique et cycle
2 d'un RPI), le directeur de l'école d'Aigueperse et la principale du
collège d'Aigueperse.
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Le réseau Lumière Historique Le réseau Lumière a vu le jour en 2007 en réaction, notamment, à une mauvaise ambiance dans l'école d'Aigueperse. Certains enseignants ont alors proposé de travailler avec les petites écoles rurales du secteur, dans le cadre du projet sciences buissonnières. Au départ le réseau s'est donc constitué autour de quelques personnes très motivées, et concernait une douzaine de classes. Au bout d'un an, il a été décidé de reconduire l'expérience, mais dans d'autres domaines, ceux des arts, de la culture, du patrimoine. Et depuis, les projets font alterner chaque année les « dominantes » : sports/danse/expression corporelle, sciences/mathématiques/arts, culture/patrimoine... Parallèlement, le réseau s'est agrandi et concerne à présent l'école maternelle, l'école élémentaire et le collège d'Aigueperse, ainsi que, à des degrés divers, toutes les écoles du secteur de ce collège. Finalités, description,
fonctionnement
Ce réseau recherche à mettre en cohérence éducation et territoire. Tout est donc fait pour qu'à la sortie du collège, chaque enfant/adolescent ait eu droit à un parcours équilibré (d'où l'alternance cf. ci-dessus), en ayant participé à des projets et activités communes sur un territoire à son échelle mais ainsi mieux approprié, et en ayant acquis en son sein l'habitude de travailler ensemble. Le but ainsi recherché est de démocratiser la culture, en rendant les enfants producteurs de culture. Il est d'ailleurs encourageant d'observer que maintenant les anciens élèves du collège commencent à venir aider à la réalisation des projets du réseau. Cela favorise également la stabilité des enseignants, avec comme corollaire le fait que les jeunes enseignants ont du mal maintenant à trouver des postes dans le secteur... Tous les ans tous les enseignants du réseau peuvent participer (sur leur crédit d'heures de formation) à un stage de formation dont la durée est variable selon les années, de quelques jours à a parfois deux semaines. Ces stages sont gérés de façon relativement autonome par les personnes du réseau qui ont quasiment carte blanche pour en définir le contenu. Les I.E.N. (et l'administration) voient d'un œil plutôt favorable ce réseau qui fonctionne bien et qui, hormis le stage annuel, ne leur demande pas grand-chose, pas même - par souci d'indépendance - le concours d'un coordinateur. Ils y trouvent eux aussi leur compte... à bon compte (« Voyez un peu ce qu'on fait dans ma circonscription »). Bien sûr, derrière, il y a beaucoup de bénévolat et d'heures supplémentaires. L'un des problèmes étant de pouvoir trouver entre les écoles et le collège des temps communs... La mutualisation des activités s'effectue en partie à travers un site internet autogéré. Les projets débouchent en général sur des expositions ouvertes au public autour des sciences et des arts etc., des rencontres inter-classes dans les domaines sportifs (cross, athlétisme, randonnées...), et artistiques (danse, expression corporelle, etc.). Officiellement, ce réseau est composé uniquement d'enseignants, mais qui travaillent en étroite collaboration avec les municipalités et les parents d'élèves, tant au sein des conseils d'écoles que par le biais de nombreuses rencontres et discussions informelles. Les D.D.E.N. sont également impliqués. Élus et parents s'impliquent ainsi beaucoup dans la préparation des rencontres (aide matérielle telle que balisage de randonnées, prise en charge des repas...). Le réseau fonctionne sous gestion de l'OCCE (Office Central de la Coopération à l’École), ses ressources étant essentiellement celles des coopératives de classes, à quoi s'ajoutent parfois des subventions (DRAC, très rarement municipalités). Une des qualités de ce réseau c'est qu'il fonctionne un peu à la carte : lorsque les principaux thèmes et les principales activités pour une année sont décidés, les enseignants du réseau choisissent sous quelles formes ils vont s'investir, leur degré d'implication... Ils peuvent même choisir de ne pas participer du tout. Tout est géré ensuite avec les élèves au sein des classes. Les thèmes sont suffisamment ouverts pour permettre cette liberté d'implication. Autre point fort : depuis le début il est bien entendu par tout le monde que ce n'est pas seulement l'école et le collège d'Aigueperse, mais toutes les écoles qui doivent bénéficier de ce travail en réseau. C'est ainsi par exemple que les lieux de rencontres sont le plus possible diversifiés. Enfin, le fonctionnement du réseau est régulièrement questionné par ses acteurs, ce qui évite la routine et l'effet « usine à gaz » : le réseau Lumière ne risque pas de s'éteindre de sitôt ! Cliquez ici pour un
diaporama-résumé sur ce réseau
(donne des indications intéressantes, mais leurs auteurs
précisent qu'il contient quelques informations devenues
obsolètes). |
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Rythmes scolaires et temps de l'enfant Ce sujet a fait l'objet d'un long débat. En effet, s'il a le mérite de toucher à un point fondamental en matière d'éducation – et aussi à cause de cela –, les questions qu'il pose sont nombreuses, à l'image de la diversité des situations. Aussi n'a-t-il pas été question d’adopter une position commune, mais plutôt d'effectuer un tour d'horizon des problèmes soulevés et de pistes à explorer. C'est d'ailleurs pourquoi l’enquête, lancée par la FNER, suit son cours : vous pouvez la renseigner ici, que vous soyez parent, élu, enseignant, étudiant, chercheur, simple citoyen ami de l'école...
Principaux problèmes : Une précipitation excessive, dénoncée unanimement, qui provoque crispations et replis, qui encourage le statu quo et décourage les partisans d'un vrai changement, lequel demande à l'évidence beaucoup de temps. Voir par exemple l'article de Pierre Souin. Le transport scolaire, qui risque d'être un frein (horaires peu souvent modulables, surcoût notamment à cause de la 9ème demi-journée). Là, les petites écoles non regroupées peuvent s'en sortir mieux... L'égalité de l' « offre », le maintien de la gratuité qui risquent d'être mises à mal par d'importantes disparités entre les communes, selon leurs revenus réels et/ou leur politique scolaire (activités proposées ou non, lesquelles, gratuites ou pas, etc.), et/ou les possibilités en locaux, en équipement et surtout en encadrement, d'où un risque de mise en compétition des écoles au détriment des plus petites... Manque de cohérence : le fait de
dissocier la réflexion sur la journée et la semaine d'un côté, l’année scolaire de
l'autre est regrettable. Le lien notamment pédagogique entre
scolaire et périscolaire sera-t-il assuré, de quelles
façons ? Risque d'ôter du domaine
scolaire des activités qui en faisaient jusqu'alors partie, et
de renforcer ainsi un saucissonnage des disciplines et des
temps. Place des mouvements d’éducation populaire, des centres de vacances, si l’année scolaire est allongée, donc les vacances d'été raccourcies... ? Risque d'« usine à
gaz » dans les grosses structures, voire les RPI, risque d'éluder la question des
temps de l'enfant pendant la période scolaire
proprement dite, Solutions difficiles
à trouver car les opinions sont très partagées aussi
bien chez les enseignants, que chez les parents et les élus...
=> risque de compromis par défaut et/ou
risque
de bâcler quelque chose pour "rentrer dans les clous", mais au
final sans amélioration, voire pire, pour les enfants. Avantages possibles : Mise
en place (ou poursuite) d'une réflexion commune et d'une
concertation à long
terme, permettant de se
pencher davantage sur les véritables enjeux des temps de
l'enfant, au travers d'approches pédagogiques (comment on travaille avec les enfants),
voire scientifiques (chronobiologie, etc.), et environnementales
au sens large : quelle place pour les enfants, pour les temps
des enfants dans une société où ils ne sont pas seuls, où le
territoire et le milieu offrent des avantages mais imposent des
contraintes ? => quelle harmonie, à défaut quels compromis
possibles (ce point a fait débat) ? Dans les petites structure scolaires, il semble plus facile d'organiser des changements (temps, espace, locaux...) et d'en anticiper les résultats. |